Hommage au Professeur Claude SUREAU


Grand officier de la légion d’honneur, le Professeur Claude Sureau est décédé le 24 octobre 2020. Il avait eu 93 ans le 27 septembre. La messe donnée à la cathédrale des Invalides le vendredi 30 octobre n’a malheureusement pas pu être suivie par tous ses élèves à cause du confinement dû au SARS-Cov2.

Pour ne pas parler des liens qui unissent l’élève et le maître, je passerai sous silence tout ce qu’a pu apporter la personnalité du Professeur Sureau pour guider ma carrière et la fierté que j’ai ressentie lorsqu’il a fait le déplacement à Lille pour juger de mon travail de thèse.

Tous ses élèves se rappellent de l’intérêt des staffs matinaux qu’il animait avec cette vivacité, cette pétillance dans le regard, l’intelligence de ses réflexions, la pertinence de ses questions et une insatiable curiosité intellectuelle comme l’a rappelé récemment le Professeur Jacques Milliez dans sa très belle lettre au Figaro du 27/10. Il était à l’affut de toutes les innovations, et avait été pionnier en allant faire un stage de recherche à l’université Columbia de New-York et devenir docteur es sciences.

Nous resterons marqués par sa volonté d’utiliser l’électromyographie pour étudier le signal de la contraction utérine, et sa classification des anomalies du rythme cardiaque fœtal en prenant comme marqueur la fin de la contraction utérine, alors que Caldeyro-barcia avait utilisé l’acmé de la contraction pour décrire ses dip et Hon le début de la contraction. L’importance de cet enregistrement continu du RCF n’est plus discutée.
Il a été un ardent défenseur du déclenchement du travail pour convenance maternelle et dire qu’il a fallu attendre les années 2020 pour confirmer l’innocuité du déclenchement à 39 SA.

En plus de ses titres brillants, il est toujours resté à l’écoute des femmes avec ce mélange de respect et d’empathie qui ont toujours été un exemple.
Il fut un prestigieux président de la FIGO et membre très actif du comité national d’Éthique. Il fut enfin un admirable président de l’académie de Médecine de France. Il était très attaché à la famille, et très fier de son fils François, écrivain reconnu. Le CNGOF peut s’enorgueillir d’avoir eu en son sein une personnalité comme celle du Professeur Sureau, dont la disparition nous affectera très longtemps.

Patrice Lopès Professeur Émérite de l’université de Nantes.

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