C’est la première consultation prénatale

Elle doit avoir lieu avant la fin du 3e mois (15e SA) avec un médecin ou une sage-femme.

Ses objectifs sont de :

  • Confirmer l’état de grossesse, son début et son terme probable à 41 SA (à partir du 1er jour des dernières règles) ;

  • Détecter une grossesse anormale ;

  • Evaluer les facteurs de risques éventuels afin d’établir un suivi adapté et de prendre si besoin des avis spécialisés.

 

Elle comprend :

  • Un interrogatoire détaillé portant sur :

    • Vos antécédents médicaux importants personnels et familiaux (anomalie héréditaire, hypertension artérielle, diabète, épilepsie…) ; antécédents gynécologiques (régularité des cycles, fausses couches, grossesse extra utérine) et obstétricaux (accouchement prématuré, hypotrophie fœtale, hématome rétro-placentaire, accouchement difficile) ;

    • Vos conditions socio-économiques et mode de vie.

  • Un examen général :

    • Contrôle du poids de départ, en sachant que la prise de poids normale est de 1 kg par mois les 6 premiers mois et 2 kg par mois les 3 derniers (12 au total) et qu’elle peut imposer une consultation de diététique dès le 3e mois ;

    • Prise de la tension artérielle, physiologiquement diminuée chez la femme enceinte, avec un maximum toléré de 130/80. Sa surveillance est essentielle tout au long de la grossesse car son augmentation, associée à des œdèmes et à la présence d’albumine dans les urines, constitue l’une des pathologies les plus fréquentes de la deuxième moitié de la grossesse, appelée pré-éclampsie, source de complications maternelles et fœtales (hypotrophie fœtale, hématome rétro-placentaire, éclampsie) ;

    • Auscultation cardiaque ;

    • Etat veineux des membres inférieurs, la présence de varices importantes aggravant le risque thrombo-embolique et imposant le port de bas de contention.

  • Un examen gynécologique

    • appréciant par le toucher vaginal le volume utérin et sa concordance avec l’âge de la grossesse (à la fin du 3e mois le fond utérin est situé à mi-distance entre le pubis et l’ombilic), ainsi que la normalité des annexes

  • L’auscultation des bruits du cœur du fœtus possible avec les ultra-sons à partir de la 12e SA ;

  • Un examen des seins ;

  • Un frottis de dépistage en cas d’absence de contrôle depuis plus de 2 ans.

A l’issue de cette consultation on procède à :

  • La déclaration de grossesse, précisant sa date de début, selon un formulaire dédié qui vous sera remis.

  • Des conseils hygiéno-diététiques :

    • Intérêt de certaines activités : marche, natation ;

    • Arrêt de toute intoxication alcoolo-tabagique ou autre ;

    • Conseils alimentaires, en sachant que la ration calorique journalière ne doit pas être inférieure à 1800 calories (dont 50 % de glucides) et en insistant sur certains points :

      • fruits et légumes (5 par jour)

      • lait et produits laitiers : fromages, yaourts (3/24 h)

      • poissons 2 fois par semaine

      • suppression de certains produits de charcuterie (rillettes, pâtés), viandes crues fumées ou marinées, poissons crus ou fumés

      • privilégier les matières grasses végétales (huile d’olive ou de colza)

      • limiter les aliments gras sucrés

      • boissons 1,5 l / 24 heures d’eau

    • Mesures particulières en cas de sérologie de la toxoplasmose négative :

      • viandes et œufs bien cuits

      • légumes verts bien lavés

      • port de gants pour changer la litière des chats

  • Un éventuel ajustement thérapeutique quant à une pathologie que vous pourriez présenter et une réponse à vos questions concernant les vaccinations :

    • autorisées voire conseillées : hépatite B, anti-tétanique, anti-polio (voie injectable préférable), anti-grippal (grippe saisonnière et grippe A)

    • avec réserve pour : fièvre jaune, anti-rabique

    • contre indiquées : anti-rubéolique, B.C.G., oreillons-coqueluche-rougeole

  • La proposition d’un entretien prénatal médico-psycho-social dit entretien du 4e mois, mais pouvant être réalisé à n’importe quel moment de la grossesse.

  • La remise d’un carnet de santé maternité (ou qui vous sera adressé par le conseil général) qui est votre propriété, vous donnant une information sur le suivi médical de votre grossesse, vos droits et aides diverses, des conseils alimentaires et de mode de vie. Il constitue un document de liaison pour les différents professionnels de santé que vous pourriez être amenée à rencontrer au cours de la grossesse.

  • L’établissement d’un plan de surveillance :

    • 1 consultation mensuelle (7 au total), la date des échographies conseillées (12e, 22e, 32e SA).

  • La prescription d’examens complémentaires sanguins et urinaires.

    • certains obligatoires : détermination des groupes sanguins ; recherche d’anticorps irréguliers ; sérologie de la syphilis, rubéole, toxoplasmose (contrôle mensuel si négative)

    • d’autres facultatifs mais conseillés : sérologie HIV et de l’hépatite C

    • recherche de sucre et albumine dans les urines

  • Une échographie, examen basé sur l’utilisation des ultra-sons et sans danger pour le fœtus, n’est pas

obligatoire mais conseillée aux 12e, 22e et 32e SA. Devenue de plus en plus performante, elle ne constitue cependant pas un examen infaillible.

La première est un examen très attendu par les femmes qui découvrent l’image de l’embryon et ses mouvements de vitalité, mais c’est aussi un examen médical important dans le suivi de la grossesse, pratiqué par voie abdominale ou vaginale, qui s’avère parfois nécessaire pour obtenir une exploration de qualité.

L’échographie vérifie plusieurs paramètres :

  • Le nombre de fœtus et s’il s’agit d’une grossesse gémellaire il s’efforce de préciser son type (monochoriale ou bichoriale), élément important pour le suivi ;

  • La vitalité : les mouvements sont nombreux, même si la mère ne les perçoit pas encore. L’embryon bondit comme s’il faisait du trampoline, s’étire, se fléchit en boule, agite bras et jambes, puis il s’endort et devient immobile, mais jamais très longtemps car ces phases se succèdent rapidement. Son cœur bat très vite (160 ou 170/mn) et on peut déjà l’entendre ;

  • La biométrie : mesure de la longueur crânio-caudale (LCC) ou longueur tête-fesses de l’embryon (photo 1) et du diamètre bipariétal (Bip) ou diamètre de son crâne (photo 2).

Ces valeurs sont comparées à des courbes de référence, ce qui permet une datation de la grossesse en précisant l’âge de l’embryon à moins d’une semaine près.

  • La morphologie : à cet âge le crâne de l’embryon est facilement retrouvé, bien arrondi et le cerveau est nettement divisé en 2 hémisphères (photo 2). Dans l’abdomen, l’estomac et la vessie forment 2 petites poches noires. Les 4 membres sont complets et les mains, souvent ouvertes à cet âge, montrent parfois déjà leurs 5 doigts.

Très peu de malformations peuvent être cependant dépistées à cet âge.

  • La mesure de la clarté nucale (CN) : il s’agit d’un fin espace noir en arrière de la nuque de l’embryon (photo 1) mesurant au maximum 3 mm. Quand cet espace est élargi, il existe un risque plus important d’aberration chromosomique ou de malformation.

  • La quantité de liquide amniotique et le trophoblaste (futur placenta) sont contrôlés.

  • La proposition d’un dépistage évaluant le risque statistique de la trisomie 21 pour votre enfant à naître. L’échographie pour la mesure de la clarté nucale doit se faire entre 11 SA + 0 jour et 13 SA + 6 jours (soit de 45 à 84 mm de longueur crânio-caudale). Les prélèvements sanguins pour les marqueurs biologiques (Pregancy associated plama protein A ou PAPP-A et sous-unité libre de la B HCG) doivent aussi se faire entre 11 SA + 0 jours et 13 SA + 6 jours pour que le calcul du risque incluant l’âge maternel puisse se faire.

 

DEPISTAGE DES ANOMALIES CHROMOSOMIQUES

La trisomie 21 (ou mongolisme) est la plus redoutée de ces anomalies parce que chacun sait qu’elle se termine par la naissance d’un enfant vivant, handicapé intellectuellement sa vie entière, qui est de plus en plus longue désormais. Elle est liée à la présence dans les noyaux de toutes ses cellules d’un chromosome 21 en plus de la paire de chromosomes 21 normaux. Ce n’est pas la seule des anomalies de nombre des chromosomes : moins fréquentes, les trisomies 13, et 18 ne sont pas compatibles avec une évolution normale de la grossesse, ou avec la survie de l’enfant.

En France, le dépistage organisé de ces anomalies est obligatoirement proposé. La femme, le couple peuvent le refuser. Ce dépistage est régi par des textes réglementaires officiels (Arrêté du 23 juin 2009 remplaçant celui de 1997). Les praticiens - échographistes et biologistes - qui concourent à ce dépistage sont soumis à une stricte évaluation de leur pratique professionnelle. Ils doivent inscrire leur action de dépistage au sein d’un Centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal (CPDPN) auquel ils ont obligation de se référer.

Le prélèvement de sang pour doser les marqueurs sériques et la mesure échographique de la clarté nucale ne peut aboutir qu’à l’évaluation d’un risque d’anomalie (établi par rapport au risque seuil de 1/250 dont on sait qu’il est celui des femmes enceintes âgées de plus de 38 ans) et non pas à un diagnostic formel d’anomalie.

Il est désormais recommandé d’établir ce risque au plus tôt, au premier trimestre de la grossesse avec deux évaluations :

  • L’une échographique de mesure de la clarté qui existe à ce moment en arrière de la nuque du fœtus (normalement inférieure à 3 mm) et de sa longueur tête/fesses (entre 45 et 86 mm), soit entre 11 et 13 semaines et 6 jours (1 mois 1 semaine – 2 mois 3 semaines) ;

  • L’autre biologique (sur échantillon de sang) du taux d’une protéine (PAPP-A) et d’une hormone (la sous-unité « bêta » de l’HCG) entre 8 semaines et 14 semaines (1 mois ½ - 2 mois 3 semaines).

La combinaison de ces deux évaluations permet le rendu d’une appréciation chiffrée du risque dite « risque combiné ».

Dans le cas où, pour une raison ou une autre, la patiente a dépassé ces dates, il est possible au 4e mois de lui proposer une autre stratégie qui met en œuvre successivement :

  • La prise en compte de son âge ;

  • La mesure de la clarté nucale entre 11 et 13 semaines et 6 jours, si elle a bien été faite ;

  • Le dosage sanguin de 3 marqueurs biologiques (« triple test ») : l’alpha-fœto-protéine, la bêta-HCG, l’œstriol entre 14 semaines et 17 semaines 6 jours (2 mois 3 semaines - 3 mois 3 semaines).

Ces trois séquences successives permettent une appréciation du risque dite « risque séquentiel ».

Si toutes ces opérations n’ont pu être réalisées à temps, une approche moins précise du risque peut être fournie par l’association du risque lié à l’âge et le « triple test ». Certains dénomment « risque intégré » cette façon de faire.

Mais le diagnostic de certitude d’une anomalie à partir d’un risque trop élevé ne peut être apporté que par deux examens.

• La choriocentèse (ou biopsie du trophoblaste) est un prélèvement direct des villosités du chorion (futur placenta). En cas de risque « combiné » excessif, elle peut être réalisée tôt au premier trimestre. Le prélèvement est fait avec une aiguille qui, à travers la peau du ventre et le muscle utérin, vient prélever un petit morceau du futur placenta. Le médecin guide l’aiguille avec l’échographe pour faire le prélèvement au bon endroit sans blesser le fœtus. Ce prélèvement doit être fait par un praticien entraîné dans un centre spécialisé (Centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal). Le risque de pertes fœtales (avortement) est de 4 à 5%.

• L’amniocentèse est un prélèvement du liquide amniotique qui est fait aussi en guidant l’aiguille qui traverse l’abdomen et l’utérus sous échographie.

Il contient des cellules fœtales qui seront cultivées et dont on étudiera les chromosomes. Cet examen peut se réaliser à partir de la 15e semaine (3 mois). Elle se grève de 0.5 à 1% de pertes fœtales.

Ces prélèvements sont contre-indiqués en cas d’hépatite ou de séropositivité HIV, et doivent donner lieu à injection systématique d’anticorps spécifique Anti-D si la patiente est de groupe rhésus négatif.

 

MON ENFANT SERA-T-IL NORMAL ?

Telle est la question que se posent tous les futurs parents du début à la fin de la grossesse. Mais cette angoisse trouve un point d’ancrage objectif dans un certaines situations :

1/ La découverte d’une anomalie lors d’un examen échographique.

Il est habituel en France de proposer 3 échographies aux femmes enceintes.

Les anomalies découvertes lors de la 1ère échographie à la 12e semaine peuvent être très graves, ne permettant pas d’espérer un enfant vivant : ainsi, les anomalies graves de la formation de la tête (anencéphalie ou absence de tête), ou absence de reins ou de l’urètre avec distension de la vessie (« megavessie »). Ces anomalies sans espoir de vie peuvent faire proposer une interruption volontaire de grossesse pour motif médical. C’est aux parents d’accepter ou de refuser, mais de toute façon l’enfant ne vivra pas.

D’autres anomalies sont moins graves et surtout peuvent être traitées à la naissance avec de très bons résultats. Tels les défauts de formation de la paroi abdominale (« laparoschisis » - « omphalocèles » ).

Cette découverte nécessite une information objective des parents par les chirurgiens pédiatres et une prise en charge particulière à la naissance. La naissance devra se faire dans un hôpital où l’enfant pourra être pris en charge dès sa naissance.

Les anomalies découvertes au deuxième trimestre

L’étude morphologique idéale de toutes les parties du fœtus est réalisée lors de la 2e échographie (entre 22 et 24 semaines). Les anomalies dépistées sont nombreuses. Elles n’ont pas toutes la même signification. Il peut s’agir :

  • d’anomalies plus ou moins importantes d’un organe : cœur, appareil digestif, urinaire, cerveau ;

  • d’absence de fermeture postérieure de l’arc osseux d’une ou plusieurs vertèbres (« spina-bifida ») ou des mandibules au niveau de la face (bec de lièvre – fente palatine) ;

  • d’anomalies des vaisseaux sanguins du cordon ombilical (normalement 2 artères et 1 veine) ;

  • d’anomalies de quantité du liquide amniotique (en excès : « hydramnios » - en déficit : « oligamnios »).

Au troisième trimestre, on peut observer :

  • un retard de croissance du fœtus, surtout s’il porte de même façon sur toutes les mesures effectuées (retard dit « harmonieux ») ;

  • des anomalies de la vitesse de circulation du sang dans le cordon mesurée à l’échographie « doppler »

Toutes ces anomalies justifient le recours aux compétences des médecins d’un Centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal (CPDPN) pour en discuter la signification. Elles aboutissent souvent à la proposition d’une amniocentèse qui permet l’étude du nombre ou de la structure des chromosomes du fœtus.

Mais, si brillants qu’aient été en 30 ans les progrès de l’échographie, cet examen ne peut dépister toutes les anomalies.

En particulier s’agissant du cœur fœtal, si elle peut exclure les anomalies les plus graves non compatibles avec la vie (non développement d’un ventricule par exemple) ou les anomalies de « branchement » des gros vaisseaux (aorte – artère pulmonaire) qui doivent faire l’objet d’une chirurgie cardiaque dès la naissance, elle ne peut porter de pronostic exact sur toutes les anomalies dépistées (qui seront l’objet de l’avis du cardio-pédiatre du CPDPN), parce que le cœur fœtal continue son développement en adaptation aux conditions de la circulation au long de la grossesse.

Il y a une maladie familiale.

L’un ou l’autre des futurs parents (ou les deux) ont connaissance dans la famille d’un ou plusieurs enfants atteints d’une anomalie grave ou porteur d’une malformation, ou encore ils se savent « porteurs » d’une anomalie chromosomique, ou enfin la ou les grossesses précédentes se sont malheureusement terminées par la naissance d’un enfant malformé ou par des avortements répétés. Parfois, trop apparentés ils se savent « consanguins ».

L’existence d’un parent déficient mental (souvent classé « mongolien » par excès) ou la connaissance d’une maladie héréditaire, qu’elle soit liée au sexe (myopathie de Duchenne – hémophilie – « syndrome de l’X fragile ») ou qu’elle ne le soit pas (drépanocytose – thalassémie – hyperplasie des surrénales – mucoviscidose) motivent parfois l’inquiétude. La consultation d’un « conseiller génétique » au sein d’un CPDPN permet de préciser les risques concernant la grossesse en cours, et si les risques sont trop élevés le recours à l’amniocentèse pour les études chromosomiques et biologiques du fœtus.

Il y a eu une infection pendant la grossesse

La patiente est atteinte, au cours de sa grossesse, de l’une des maladies infectieuses connues pour pouvoir déterminer des lésions sévères chez le fœtus ou le nouveau-né.

  • La toxoplasmose est une parasitose transmise par les déjections des chats (donc bien laver fruits et légumes, et bien cuire les viandes des animaux qui peuvent avoir été parasitées). En début de grossesse, l’atteinte fœtale est rare mais grave du fait de lésions cérébrales ou oculaires. A partir de 17 semaines (3 mois 1/2), l’amniocentèse permet la recherche du parasite et de déterminer s’il y a ou non atteinte fœtale en 48 heures. S’il y a atteinte du fœtus, un traitement antibiotique adapté doit être institué.

  • La rubéole est un risque moins important depuis l’extension de la vaccination (celle-ci n’est pas dangereuse chez une femme qui ne se savait pas enceinte au moment du vaccin). Mais le risque de malformation du cœur ou des yeux est important si la rubéole est survenue avant 12 semaines (2 mois ½). Et il faudra subir cette angoisse jusqu’à 18 semaines : à ce moment seulement, l’amniocentèse peut retrouver l’ARN du virus qui signe l’atteinte du fœtus.

  • La varicelle ne peut atteindre que le faible nombre (5%) des femmes qui ne l’ont pas contractée dans l’enfance. Le risque est maximum entre 8 et 20 semaines, période où la varicelle détermine 2% d’enfants malformés. L’atteinte du fœtus peut être confirmée par l’amniocentèse permettant l’étude du virus en biologie moléculaire (« PCR »). La plupart des couples pourront ainsi être rassurés, les autres devront subir une surveillance échographique renforcée, veillant à l’absence de malformation apparente.

  • L’infection à cytomégalovirus se traduit chez la mère par une sorte de grippe. En cas de contamination au premier trimestre et jusqu’à 27 semaines (début du 3e trimestre), elle peut être grave. Transmise au fœtus dans la moitié des cas, 10% de fœtus infectés développeront dans l’utérus une forme grave, aboutissant au décès dans 20 à 30% des cas par anémie ou défaillance du foie. Ceux qui survivent peuvent être atteints de diverses anomalies du système nerveux ou de la coagulation sanguine. Là encore, la preuve en est fournie par l’amniocentèse et l’étude en biologie moléculaire « PCR » du virus chez le fœtus. S’il est atteint, la surveillance échographique dépistera les anomalies les plus graves du développement fœtal (diminution du liquide amniotique, ralentissement de la croissance fœtale, « calcifications » au niveau du cerveau).

En France, ces situations sont toutes obligatoirement référées auprès d’un CPDPN qui réunit toutes les compétences nécessaires. Dans les cas rares d’extrême gravité pour le fœtus ou son avenir, une interruption médicale de la grossesse pourra être proposée et discutée avec les parents en raison d’une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection reconnue comme incurable au moment du diagnostic. Très encadrée par la loi (qui dans ce cas l’autorise jusqu’au terme de la grossesse) cette interruption de la grossesse nécessite la signature préalable de 2 praticiens, dont 1 membre d’un CPDPN. Il peut y avoir conflit entre la position des parents qui demandent une interruption de grossesse alors que les médecins pensent que l’anomalie est curable. Il peut être utile de faire rencontrer une famille qui a eu un enfant atteint de la même malformation et qui a été traité afin de bien montrer les solutions possibles.

L’entretien prénatal précoce peut se dérouler en individuel ou en couple, avec une sage-femme ou un médecin, dans la structure où vous souhaitez accoucher ou en dehors, et dure de 45 minutes à 1 heure. C’est un entretien qui se tient généralement au 4e mois ; on parle d’ailleurs de l’ « entretien du 4e mois ». A votre stade de la grossesse, la sage-femme ou le médecin vous en parlera peut-être déjà... histoire de bien préparer cet entretien. C’est un temps d’échanges et d’écoute permettant :

  • d’évoquer vos éventuelles difficultés psychologiques, matérielles, sociales ou familiales, et de trouver les moyens d’y répondre en s’appuyant sur les différents professionnels adhérant au Réseau Périnatal de votre région ;

  • de répondre à vos interrogations sur le déroulement de la grossesse, son suivi, ses éventuelles complications ;

  • d’entendre vos attentes, notamment par rapport à votre projet de naissance ;

  • d’établir le calendrier et les modalités des séances de préparation à la naissance, au nombre de 7, qui s’intègrent dans le cadre plus vaste de la préparation à la parentalité, et comprennent :

    • l’apprentissage des techniques de détente et de respiration et des postures, visant à faciliter la naissance ;

    • le choix du mode d’alimentation de votre bébé, allaitement maternel ou biberon, en vous éclairant sur les avantages du premier sur les plans psychologique, nutritionnel, immunologique et économique ;

    • l’apprentissage des soins au nouveau-né ;

    • l’information pour savoir qui appeler en cas de besoin, où rechercher des conseils utiles et connaître les associations d’aide à la parentalité ;

    • la prise de connaissance et discussion de votre projet de naissance.

Le projet de naissance a pour but de placer les parents en position d’acteurs privilégiés œuvrant en binôme avec le personnel soignant.

Il convient d’en proposer l’écriture au couple, portant sur l’organisation des soins avec le suivi médical, la préparation à l’accouchement souhaitée ainsi que les modalités d’accouchement (péridurale, postures...), les conditions éventuelles d’un retour précoce à domicile.

Il pourra être rediscuté au terme de la préparation à l’accouchement, en tenant compte des possibilités matérielles de l’équipe de la maternité, en sachant qu’il repose expressément sur le caractère normal de l’accouchement, et qu’il pourra donc être susceptible d’être remis en question en fonction du contexte obstétrical.

 

Les démarches administratives

  • La déclaration de grossesse conditionne le droit aux prestations sociales (formulaire

« Premier examen médical prénatal », également appelé « Vous attendez un enfant ».

Elle est délivrée par votre médecin ou votre sage-femme et doit être adressée avant la fin du

3e mois :

    • Les 2 premiers volets (bleus) du formulaire à la Caisse d’allocations familiales (CAF) dont vous dépendez ;

    • Le 3e (rose) à votre organisme d’assurance maladie (CPAM, MSA…) avec les feuilles de soins correspondant aux examens médicaux et de laboratoire que vous venez de passer, afin de bénéficier de l’Assurance Maternité.

  • L’Assurance Maternité comprend la prise en charge du suivi de votre grossesse, des 8 séances de préparation à l’accouchement (en incluant l’entretien prénatal du 4e mois), des frais d’hospitalisation lors de l’accouchement, et de l’ensemble des coûts médicaux, pharmaceutiques, d’examens de laboratoire et d’hospitalisation relatifs ou non à la grossesse, pendant une période débutant 4 mois avant la date présumée de l’accouchement jusqu’à 12 jours après celui-ci.

Elle comprend en outre pour la salariée le versement d’indemnités journalières pendant toute la durée de son congé de maternité, sous réserve de remplir les conditions requises :

    • Justifier de 10 mois d’immatriculation en tant qu’assurée sociale à la date présumée de son accouchement ;

    • Justifier également d’avoir travaillé

      • au moins 200 heures au cours des 3 mois civils précédant le début de sa grossesse ou de son congé prénatal,

      • ou à défaut, en cas d’activité à caractère saisonnier ou discontinu, au moins 800 heures au cours des 12 mois civils précédant le début de sa grossesse et de son congé prénatal.

L’indemnité journalière est égale au salaire journalier de base, calculé sur la moyenne des salaires des périodes pré-citées, avec un montant maximum fixé au 01/01/09 à : 74,97 € dans les départements de la Moselle (57), du Bas-Rhin (67) et du Haut-Rhin (68) et 76,54 € dans les autres départements. Ces indemnités sont versées tous les 14 jours à la salariée par sa Caisse d’assurance maladie.

A noter que des conventions collectives peuvent prévoir le maintien du salaire par l’employeur pendant le congé de maternité.

La salariée enceinte n’a pas l’obligation de révéler son état de grossesse à son employeur avant de partir en congé de maternité (Code du travail), mais il est habituel de le faire à la fin du 3e mois.

  • La durée du congé de maternité varie selon le nombre d’enfants attendus et le nombre d’enfants déjà à charge (Code du travail article L 122-26) avec des variantes plus favorables en cas de conventions collectives :

moins de 2 enfants

à charge ou nés viables

Grossesse unique

2 enfants à charge

ou nés viables

Total

Prénatal

Post-natal

16 sem.

26 sem.

6

8

10

18

Gémellaire

34 sem.

12

22

Triplés ou plus

46 sem.

24

22

Avec l’avis favorable du médecin ou de la sage-femme qui suit la grossesse, il est possible de reporter une partie du congé prénatal (3 semaines maximum) après l’accouchement.

Cas particuliers en cas de :

    • Etat pathologique résultant de la grossesse :

      • une période supplémentaire de congés de 2 semaines (14 jours maximum consécutifs ou non) peut être accordée avant le début du congé prénatal, sur prescription médicale, avec les mêmes indemnités journalières que celles du congé de maternité.

    • Accouchement prématuré :

      • la durée du congé prénatal non prise est reportée après l’accouchement.

    • Dépassement de terme :

      • le congé prénatal est prolongé jusqu’à la date de l’accouchement et la durée du congé post-natal reste identique.

    • Allaitement maternel :

      • en dehors de conventions collectives le prévoyant, il n’existe pas de congé maternité spécifique.

  • Le choix de la maternité

Au sein des Réseaux de Périnatalité, les maternités sont classées par type (niveaux I, II ou III) et répondent à des normes précises en termes d’équipements.

Quand la grossesse est normale, l’accouchement peut avoir lieu dans la maternité de votre choix, privée ou publique (de nombreux sites Internet existent où les parents apportent leurs commentaires à ce sujet).

Quand la grossesse et l’accouchement sont à risque, vous serez orientée vers une maternité de types II ou III où existent des services d’hospitalisation de grossesse et de néonatologie (niveau II) ou de réanimation néonatale (niveau III).

Il est prudent dès le 3e mois de prendre contact avec la maternité afin de procéder à votre inscription et d’y prendre vos rendez-vous de consultation pour les 8e et 9e mois.

 

Pensez à :

  • Faire votre première consultation prénatale avant la fin du 3e mois pour adresser en temps utile votre déclaration de grossesse à la CAF et à votre organisme d’Assurance maladie ;

  • Prendre votre rendez-vous pour la première échographie (12e SA) ;

  • Arrêter toute intoxication alcoolo-tabagique ou autre et toute prise médicamenteuse sans l’avis de votre médecin ;

  • Bénéficier de la proposition qui vous est faite d’un entretien prénatal du 4e mois ;

  • Etablir votre carnet de santé-maternité ;

  • Vous inscrire à la maternité de votre choix.

9e SA – 13e SA

Faire

Recommandé

Ne pas faire

Conseillé

Repos, détente,

Et réorganisation

- Alimentation varié et équilibré

- Sommeil régulier

- Revoir tout traitement avec médecin

- Activité physique douce et régulières

- Réorganiser les déplacements et le poste de travail si besoin

- Faire une préparation à la naissance

- Fumer

- Consommer de la drogue

- Des travaux de peinture en maison ancienne (risque d’intoxication plomb)

- Se laver, se brosser les dents, porter des vêtements amples

- Faire un choix pour l’alimentation de l’enfant

Bien manger

Bien bouger

- Consommer 5 fruits et légumes

- Bien laver et éliminer toutes traces de terre

- Pas de contact avec les chats

- Une demi-heure de marche par jour

- Ne pas changer la litière des chats

- Porter des gants pour jardiner

- Pas d’alcool

- Supprimer certains produits : les rillettes, foie gras, coquillages crus, viandes crues

- Limiter les matières grasses végétales (huile d’olive), graisse d’origine animale (beurre), aliments gras et sucrés pâtisseries et chocolat)

Examens complémentaires

- Groupe sanguin, RAI,

- Sérologies : rubéole, syphilis, toxoplasmose

- Glycosurie et albuminurie

- Marqueurs Trisomie 21 entre 11 SA et 13 SA + 6 jours

- Sérologie HIV

- Frottis cervico-vaginal (si dernier >3 ans)

- Echographie 11 SA et 13 SA + 6 jours

- Numération

- ECBU

- Sérologie hépatite A

- Examen général père

- Sérologie HIV père

Formalités administratives

-Déclaration de grossesse avant 14 semaines

S’inscrire à la maternité dans laquelle on a choisi d’accoucher

Reconnaissance anticipée en Mairie par le géniteur si pas marié ou pacsé

Maternité et travail

- Informer l’employeur avant de partir en congé maternité

- Changer de poste de travail si risque chimiques, toxique, plomb

- Démissionner de son travail

- Informer par écrit

Son employeur de son état de grossesse

- Penser au mode de garde et contacter les crèches

Des professionnels

- A consulter : sage-femme ou spécialistes ou généralistes

- Contacter la PMI

- Rdv médecine du travail

- RDV mairie (besoins place en crèche),

allocations familiales, assurance maladie, mutuelle ( prise en charge chambre seule)

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