Dr Gilles Dauptain, Dr Jacques Lansac, Dominique Bergerault de Parny, sage-femme. Et Luiz Alvarez pédo-psychiatre.

CÔTE ENFANT

Le quatrième mois de la grossesse, à partir de l’ovulation, est maintenant exprimé par médecins et sages-femmes en semaines d’aménorrhée (depuis le premier jour des dernières règles). Il comprend donc les semaines 16 à 19e SA incluse (1 mois ne faisant jamais exactement 4 semaines).
Le futur bébé, qu’on appelle encore fœtus, est maintenant formé et ne fera que grandir et grossir jusqu’à l’accouchement au 9e mois. La période des fausses couches est finie. Le risque de malformation du fait d’un virus ou d’un médicament est passé.

14e semaine de grossesse (16e SA)

Votre bébé mesure environ 10 cm de la tête aux fesses et pèse 110 g. Le cerveau et la moëlle épinière ont leur structure définitive. La face est complète. Son cœur bat et continue son développement en adaptation à une circulation particulière puisque les poumons ne peuvent lui fournir d’oxygène en l’absence d’air inspiré : la circulation du sang dans les poumons, si importante plus tard, est pour le moment quasi-exclue de la circulation générale.

15e semaine de grossesse (17e SA)

Votre bébé pèse 140 g et mesure 15 cm de la tête aux talons. Le diamètre de son crâne fait 4 cm. Les poumons et les reins se développent. Le fœtus urine dans le liquide amniotique.

16e semaine de grossesse (18e SA)

Votre bébé pèse 160 g et mesure 18 cm de la tête aux talons. Sa peau se couvre de vernix caseosa une substance cireuse d'origine sébacée, blanchâtre et grasse recouvrant et protégeant la peau de bébé qui baigne dans le liquide amniotique. La rétine de l’œil se forme. Si c’est une petite fille, le vagin se creuse.

17e semaine de grossesse (19e SA)

Votre bébé pèse environ 200 g et mesure 20 cm. Son diamètre céphalique (« bi-pariétal ») mesure 5 cm. L’intestin se forme et le méconium, produit noirâtre qui constituera les premières selles de bébé, se forme. Le système nerveux, anatomiquement constitué possède les connexions de neurones nécessaires aux mouvements des membres, comme celles nécessaires aux fonctions automatiques, du cœur en particulier. Les fibres nerveuses s’entourent de myéline. Pense-t-il ? Impossible de le dire à ce stade, mais les connexions des neurones des différents cerveaux s’établissent, elles se poursuivront tout au long de la grossesse, et bien au-delà.

Votre bébé bouge. C’est même un repère important de ce mois : la maman perçoit ces mouvements vers 17 à 18 semaines de grossesse (3 mois ½), une semaine plus tôt si elle a déjà eu un ou plusieurs enfants. Ces mouvements sont essentiels à la bonne conformation des articulations de ses membres. Le cartilage de ses segments doit « s’user » de telle sorte que tous les mouvements de flexion/extension soient ultérieurement possibles. Le fœtus entend : ses oreilles sont bien développées et les échographistes ont souvent pu observer ses réactions au passage de la sonde, qui émet des ultrasons. Ses yeux, constitués, pourraient voir si ses paupières fermées ne les protégeaient d’un environnement liquide.

Le rôle du liquide amniotique

Le rapport qui existe entre la quantité de liquide et le fœtus est tel au cours du 4e mois qu’il bénéficie d’une très grande amplitude de mouvements, beaucoup plus que plus tard dans la grossesse. En avalant ce liquide (il peut avaler), et en y urinant, il contribue lui-même à réguler la quantité de liquide qui l’entoure. Si ce précieux liquide manque autour de lui, des conséquences très fâcheuses peuvent en résulter : les articulations se bloquent (arthrogrypose) et le développement des bronches et des alvéoles pulmonaires peut être plus ou moins compromis (hypoplasie pulmonaire). Cette situation peut intervenir si les membranes de l’œuf se rompent prématurément avec fuite de liquide amniotique, ou si le fœtus n’urine plus assez du fait d’une anomalie rénale : médicalement on parle « d’oligoamnios », ou « d’anamnios » quand il n’y a plus du tout de liquide. Ces situations rares sont habituellement référencées auprès des Centres de Diagnostic Prénatal, et peuvent induire les médecins à proposer aux parents une interruption médicale de la grossesse dans les cas extrêmes.

Le cordon et le placenta

La plupart du temps, tout se passe bien pour ce fœtus qui nage à l’aise dans son immense piscine de liquide amniotique. Tel un scaphandrier, il est relié au placenta par son cordon ombilical qui lui apporte du sang oxygéné par sa mère par une grosse veine, et transfère son sang appauvri en oxygène par deux artères.

Ce cordon est de longueur variable. S’il est très long il peut s’enrouler autour d’une des parties fœtales (« circulaires » autour du cou, « bretelles » autour des membres) ou constituer un ou plusieurs nœuds. Mais sa structure, enroulée sur lui-même comme un fil de téléphone, fait que ces phénomènes sont sans conséquence néfaste sur le fœtus au cours de la grossesse.

Le placenta indispensable à la survie du fœtus est bien constitué en une sorte de galette entre les membranes de l’œuf et la cavité de l’utérus, bien ronde désormais. Cet organe très complexe juxtapose le sang de la mère et celui de son enfant au travers d’une membrane sans jamais aucun mélange des deux circulations. La surface d’échange des nutriments et de l’oxygène est considérable. Mais le placenta peut se placer en n’importe quel point de la surface de l’œuf, notamment au voisinage du col de l’utérus (placenta « bas inséré » : 17% à ce stade), parfois à l’origine de saignements. Dans 95% de ces cas, le placenta « remonte » à l’intérieur de la cavité utérine par développement des parois de l’utérus. Le placenta a par ailleurs une activité hormonale intense qui à partir de ce 4e mois déverse dans la circulation maternelle la progestérone, hormone du maintien de la grossesse, qui était jusque-là sécrétée par les ovaires de la maman. Lors de l’accouchement, sachez que vous pourrez éventuellement faire don du cordon ombilical et du placenta. Des maternités sont organisées pour le faire, le mieux est de se renseigner avant.

CÔTE MAMAN

Ouf, 3 mois de passés : la grossesse est bien en place. Il ne reste que 6 mois ! Globalement le ressenti est plutôt meilleur. Nausées et vomissements ont disparu ou presque, on est moins « crevée ». Mais les fringales persistent, liées à un fonctionnement différent du pancréas maternel. Celui-ci réagit à tout apport alimentaire, de sucres en particulier, par une sécrétion excessive d’insuline. Le taux de sucre baisse trop dans le sang maternel d’où une sensation de faim, et parfois des malaises (il faut alors « re-sucrer » et en sucer un morceau). Il baisse aussi dans le sang fœtal, alors que l’insuline ne passe pas la « barrière » placentaire. Le pancréas fœtal sécrète de l’insuline en excès, et pour le fœtus, l’insuline est aussi une hormone de croissance : il grossit, mais trop. Cercle vicieux ! Solution : fragmenter les repas, plutôt 5 petits repas que 3 gros, et diminuer les sucres « d’absorption rapide » (chocolat, confitures, confiseries, apéritifs, etc).
Mais ce petit ventre rond est plutôt sympathique, les hommes adorent en général, et, la féminité ne devant perdre ses droits, on a eu le temps d’adapter son vestiaire.
L’augmentation de taille des seins se stabilise, justifiant l’achat d’un soutien-gorge adapté, confortable et sans baleine. S’ils sont vraiment douloureux, il faut apprendre à le conserver la nuit. Un écoulement jaunâtre peut inquiéter : ce n’est que du « colostrum », sécrétion liquide normale qui prépare à la fonction ultérieure d’allaitement. L’allaitement : il faut y réfléchir dès maintenant. Aucun inconvénient à choisir l’allaitement maternel ou artificiel, l’essentiel étant de se faire sa propre opinion bien avant l’accouchement, et de l’exprimer clairement plus tard à l’équipe sans tenir compte des avis soi-disant autorisés (belle-mère, voisine…). L’allaitement maternel est encouragé par les professionnels de la naissance, c’est incontestablement meilleur pour l’enfant surtout s’il naît avant terme ou est de petit poids.

Les petits problèmes

Les mycoses génitales

Elle en sont un, et bien gênant. L’acidité modifiée des sécrétions vaginales en est à l’origine. Le champignon est normalement présent dans le vagin mais, du fait de la production d’hormones par le placenta, l’acidité du vagin se modifie et permet sa prolifération. Mais elles se soignent très bien par des traitements locaux en dose unique ou réduite, et n’ont aucune conséquence néfaste pour le bébé même si elles ont une tendance désespérante à la récidive. Le compagnon devra parfois avoir à se traiter aussi. Mais il ne faut pas se priver de rapports sexuels si l’on en a envie : aucun danger pour le fœtus !

Les douleurs

L’inondation d’hormones de la grossesse (œstrogènes) modifie les ligaments de toutes les articulations de l’organisme. Des douleurs peuvent en résulter, notamment du dos. Quand elles partent de la fesse, descendant en arrière dans la cuisse, c’est d’une irritation du nerf sciatique qu’il s’agit. Il ne faut pas se traiter toute seule par aspirine ou anti-inflammatoires, qui sont néfastes pour le fœtus, et en parler au praticien qui vous suit, médecin ou sage-femme ; ils ont d’autres solutions.

Le syndrome du canal carpien

Dans d’autres cas, la sensibilité à l’extrémité des trois derniers doigts de la main semble disparaître surtout le matin au réveil, et les objets s’échappent des mains. C’est un « syndrome du canal carpien » lié à l’épaississement du ligament transversal du poignet, qui comprime le nerf « médian ». Une infiltration locale par un rhumatologue est parfois nécessaire, mais ce syndrome disparaît après l’accouchement.

La psychologie de la femme enceinte au cours du deuxième trimestre 

Si le premier trimestre apportait un vécu quelque peu abstrait de la grossesse, le deuxième est celui des transformations du corps, rendant l’expérience de la femme enceinte une réalité intime de tous les instants. Les rondeurs du ventre gravide et des seins, la relative lourdeur du corps, mais surtout les premières perceptions des mouvements du bébé marquent véritablement le passage vers le régime de la grossesse. Ici, un parallèle peut s’établir entre l’expérience de l’adolescente et celle de la femme enceinte, surtout pour la primipare :

• Pour ces deux moments cruciaux de la vie, l’ampleur des transformations du corps dépasse les capacités d’adaptation de la personne. Le corps recèle ainsi une part d’inconnu à apprivoiser, suscitant une véritable crise maturative, marquant la survenue d’une nouvelle phase du cycle de la vie.

• Cette crise maturative est à entendre comme une révolution limitée dans le temps, plus ou moins bruyante, modifiant profondément l’identité et produisant un changement dans l’ordonnancement des générations. Ainsi, la fillette devient femme et la femme devient mère, réécrivant de ce fait les liens avec les propres parents et futurs grands-parents.

• Ces mutations s’accompagnent d’une remise en question des certitudes, d’une perte de repères et d’un brouillage des liens à l’origine de sentiments d’ambivalence et d’angoisse, sains tant qu’ils ne génèrent pas de la souffrance. De ce fait, l’adolescente et la femme enceinte, simultanément, peuvent souhaiter le retour vers l’état antérieur qui s’éloigne et se laisser éblouir par la promesse de ce qui adviendra. Cette ambivalence de bon aloi s’opposant à l’image idéalisée de la femme qui « attend l’heureux événement » proposée par les médias, suscite parfois des sentiments de dépréciation, « je ne suis pas à la hauteur » et de culpabilité « déjà, je ne suis pas une bonne mère ».

• De ce fait, l’adolescente et la femme enceinte sont, habituellement, dans un état de crise, d’appel à l’aide latent et dans une quête de référents qui puissent baliser cette traversée. Ainsi, les mères, les sœurs, les amies sont attendues à une place inhabituelle que, souvent, elles ne pouvaient pas anticiper.
De cette manière, le remaniement identitaire impose à la femme enceinte une réécriture des moments fondateurs de son parcours, ceux qui ont précédemment forgé son identité, événements qui, en dehors de la grossesse, sommeillaient dans son intimité. Ce retour vers le passé est vécu souvent avec la nostalgie des retrouvailles avec une époque révolue, mais parfois avec la crainte de la réémergence de ce qui a déjà fait souffrir. Ce double travail, sur le passé et sur l’actualité de la grossesse, affilie l’enfant au plus intime de sa mère, le rendant ainsi moins inconnu, et constitue la toile de fond sur laquelle la mère et le bébé pourront se rencontrer après l’accouchement et écrire une nouvelle histoire. A l’issue de ce voyage intérieur, la femme se sera façonné une identité de mère, en incluant le bébé dans cette nouvelle configuration de son intimité. Ces puissants processus, qui se passent de paroles, se traduisent par une mise à distance progressive de la réalité extérieure et par un retournement de la femme enceinte vers elle-même, situation qui peut être vécue différemment par l’entourage. C’est ainsi que le lien si intime qui se tisse entre la mère et l’enfant à venir peut difficilement se traduire en mots et se partager, situation qui explique le peu de place qu’occupe le bébé dans le discours spontané de la femme enceinte.
En conséquence, une attention particulière doit être portée aux femmes pour lesquelles la grossesse charrie des événements traumatiques du passé, car deuils, abandons, ruptures, violences, abus et négligences pourraient se précipiter sur le lien naissant avec le bébé. Une fois de plus, des consultations spécialisées s’avèrent d’une grande utilité dans ces circonstances.
Quant au suivi de la grossesse, deux faits majeurs sont à signaler. Le premier concerne le triple dépistage de la trisomie 21, progrès technique parfois insuffisamment expliqué par les équipes obstétricales, pouvant générer confusion entre l’approche d’un risque et le diagnostic d’une pathologie. La prise en compte de la crise maturative de la grossesse permet plus facilement aux obstétriciens de comprendre qu’annoncer la possibilité que l’enfant attendu puisse ne pas être normal peut être à l’origine d’une cascade d’événements ayant des effets traumatiques à distance de la clarification du statut du bébé. Ainsi, il est du ressort des médecins d’adapter leurs approches à la singularité de chaque parent pour éviter que les efforts de prévention ne produisent des inquiétudes durables. Enfin, l’échographie du deuxième trimestre fournit aussi une rencontre virtuelle entre les parents et le bébé, participant au tissage des liens. L’importance de cette première rencontre entre les parents et la reconstruction que l’imagerie médicale propose de la réalité de l’enfant n’est plus à démontrer ; elle vient confirmer, infirmer, transformer et alimenter l’imaginaire parentale vis-à-vis de cet enfant encore inconnu et à venir. Dans ce sens, l’échographie obstétricale participe amplement du devenir parents des adultes. Parfois, le sens donné à une image, à une attitude ou à une parole de l’échographiste, peuvent susciter des inquiétudes qui résonnent avec le vécu de la grossesse. Dans ce cas, il est essentiel que les femmes et les couples se sentent autorisés d’évoquer librement ces sujets avec l’échographiste et l’obstétricien assumant le suivi prénatal.

L’entretien prénatal

Dans les premières semaines, toutes les femmes ont à résoudre les problèmes intrapsychiques liés à l’acceptation de cette situation nouvelle de grossesse. C’est généralement fait au 4e mois, mais pas toujours. C’est ainsi que certaines femmes continuent de vomir parfois jusqu’à ne plus pouvoir s’alimenter. Au-delà de l’hospitalisation nécessaire pour traitement médical, il y a quelque chose d’autre à envisager face à ce « symptôme d’appel ».
Pour ces femmes, mais aussi pour toutes celles dont le « projet parental » manque des assises essentielles : l’insertion sociale (mineures, femmes célibataires, femmes au chômage), l’habitude des pratiques occidentales, la présence ou l’adhésion du père, ou pour faire face au simple besoin d’informations fiables, les pouvoirs publics ont mis en place en 2007 un « entretien du 4e mois » en plus des 7 consultations prénatales. Il est en général conduit par une sage-femme sur une durée assez longue (40 à 45 minutes). Cet entretien, non exclusivement réservé aux plus vulnérables, permettra l’orientation vers le soutien psychologique que pourront leur apporter psychologues et/ou psychiatres spécialisés dont beaucoup d’équipes se sont entourées. Si vous avez des difficultés sociales : chômage, logement, solitude, on pourra vous proposer le recours à différents services d’assistance dont la plupart sont habituellement ignorés. Si vous fumez du tabac ou du cannabis ou buvez du vin ou de la bière pendant la grossesse et que vous ne pouvez vous en passer il faut en parler à la sage-femme car elle peut vous aider à vous arrêter. C’est très important pour votre bébé.

LA CONSULTATION DU 4e MOIS

Après celle de la déclaration de grossesse, elle est l’une des 7 consultations obligatoires, remboursées à 100% par la Caisse nationale d’assurance maladie. Ainsi qu’à chacune de ces consultations, le praticien s’informe d’abord des anomalies ressenties : saignements, fièvre ou éruption, pertes blanches, douleurs pelviennes ou abdominales, démangeaisons vulvaires, problèmes urinaires ou dentaires, problèmes digestifs, en particulier brûlures d’estomac qui peuvent « remonter » vers le haut en arrière du sternum.
L’examen médical de la patiente est indispensable : prise de poids (1 kg par mois), de la tension artérielle, mesure de la hauteur utérine et du périmètre ombilical (à peu de frais, ces mesures dépistent mieux les anomalies de la croissance du fœtus que l’échographie). Il s’enquiert des mouvements du fœtus ressentis par la patiente (entre 16 et 18 semaines = 3 mois ½) et écoute les bruits du cœur fœtal (à l’oreille ou à l’aide d’un petit appareil à ultrasons). L’examen se termine par un toucher vaginal dont le but à ce stade est de dépister les anomalies du col utérin (longueur et ouverture). Leur présence à ce moment de la grossesse ferait craindre une menace d’avortement.
Le praticien prendra connaissance des examens prescrits aux deux premières consultations : les examens obligatoires concernant la rubéole, le groupe sanguin, les anticorps éventuellement développés contre les globules rouges, la toxoplasmose (qu’il faudra renouveler tous les mois en cas de négativité), la syphilis, le Sida, les hépatites (si celles-ci ont été demandées plus tôt) et ,dans les urines, vérification de l’absence de sucre et d’albumine.
Il prendra également connaissance des résultats des examens dits « combinés » demandés au 1er trimestre pour dépister le risque d’anomalies chromosomiques du bébé et les expliquera. Dans le cas où ils n’auraient pas été prescrits, le praticien prescrit un dosage des « marqueurs du 2e trimestre » qui s’intègre au dépistage dit « séquentiel » de ces anomalies. En cas de risque avéré par ces méthodes, il est habituel que le praticien propose une amniocentèse, seule capable de faire la preuve formelle de cette anomalie. La tendance est à diminuer le nombre d’amniocentèses réalisées, tenant compte du risque fœtal de ce geste (entre 0,5 à 1% d’avortement) en regard du faible nombre d’anomalies fœtales dépistées. C’est ainsi que les femmes enceintes de 38 ans et plus (dont le risque est à 1/250) se verront proposer plutôt un dépistage « combiné » du 1er trimestre. Jusqu’à une date récente, on leur proposait systématiquement une amniocentèse.
L’analyse des données chiffrées de l’échographie de la 12e semaine sera faite à cette consultation, notamment, pour modifier s’il y a lieu le calendrier de la grossesse (c'est-à-dire la date exacte de la conception). C’est aussi le moment de vérifier que la date de l’échographie du 2e trimestre est correcte, idéalement entre 22 et 24 semaines, et de la corriger éventuellement.
La fin de cette consultation est marquée par la prescription des examens systématiques : sucre et albumine urinaires, dans le sang la sérologie de la rubéole si elle n’a été faite avant, de la toxoplasmose (si elle était négative jusque-là), un dépistage du diabète par 2 prises de sang avant et après absorption de glucose, à réaliser à la 24e semaine, et un dépistage de l’infection urinaire inapparente par culture des urines au laboratoire, ou par la patiente elle-même par l’observation hebdomadaire de bandelettes urinaires (Uritest ®). Et si la femme est de groupe rhésus négatif, un dosage des agglutinines anti-rhésus.
Souvent, le praticien prescrit à ce stade un supplément en fer et en vitamines (D en particulier), des antispasmodiques et un arrêt de travail si ces derniers sont nécessaires du fait de contractions ressenties sans modifications objectives du col.

L’entretien médico, psycho-social du quatrième mois

C’est la première démarche à faire pour bien vivre sa grossesse. Il est réalisé majoritairement par les sages-femmes, libérales, hospitalières ou de centres. Il n’y a pas d’ordonnance à avoir, ni nécessité de passer par une demande du médecin traitant, c’est une démarche automatiquement prise en charge comme tous les actes des sages-femmes vis-à-vis de la grossesse normale.
Cet entretien dure environ quarante cinq minutes afin de permettre d’aborder un maximum de sujets avec les futurs parents. Ce n’est pas un interrogatoire mais un moment privilégié permettant au couple de se sentir aidé et de mettre une priorité à parler de leur aventure à eux. Leur grossesse n’est plus anodine mais au cœur de l’entretien avec pour but de répondre aux questions déjà nombreuses et parfois mettre en œuvre des solutions pour faciliter le bon déroulement de cette grossesse. La sage-femme faisant cet entretien devient « le référent » de la grossesse et peut faire le lien entre tous ceux qui gravitent autour de ce futur bébé.
L’entretien consiste en une suite de questions amenées comme une simple conversation pour permettre d’évoquer les conditions de vie, de travail, de transport, d’hygiène de vie de la future maman. Des questions peuvent aussi être abordées sur sa santé, sur son attente, sur la façon dont elle vit cette grossesse. De questions en réponses, la sage-femme cernera mieux ce qu’elle peut proposer à la femme pour mieux vivre sa grossesse. Des conseils sur l’alimentation et l’hygiène de vie de la femme enceinte seront également donnés. C’est aussi l’occasion pour les femmes de parler de leur environnement familial, et de leurs conditions de travail, sont elles aidées ?, peuvent elles compter sur leur mère pour les conseiller ? Ont-elles des frères et sœurs eux-mêmes parents ? Habitent-elles loin de leur famille ? Leur conjoint participe t-il activement à la vie domestique, ont-elles des étages sans ascenseur ? On évoquera aussi les craintes par rapport à l’arrivée du bébé, ont-elles peur de ne pas y arriver ?ont elles pensé à l’accouchement ?un projet pour cette naissance ?
Si le futur père est présent, il lui sera demandé aussi comment il trouve sa place dans la grossesse, s’il se sent concerné, si cela lui arrive de communiquer avec son bébé. Souhaite-t-il suivre les séances de préparation ? A t-il des craintes ? On peut aussi évoquer des thèmes pratiques comme comment obtenir le congé paternité de onze jours après la naissance de bébé, etc.
Dans certains cas la sage-femme pourra proposer une aide familiale, par le biais de la Caisse d’allocation familiale, à une femme enceinte mère de famille nécessitant un repos strict. Cette assistante de vie sera rémunérée par la femme mais à des tarifs basés sur le quotient familial. Une personne aux faibles revenus n’est donc pas exclue de cette aide. Un soutien psychologique peut être proposé dans certains cas de dépression ou situation difficile.
Si c’est nécessaire des positions ou exercices simples peuvent être montrés pour soulager des petits maux.
Cette consultation a été créée pour améliorer les conditions de la femme enceinte, il serait dommage de ne pas en profiter.
L’entretien se termine habituellement par un petit programme de séances de préparation à la naissance, établi selon la disponibilité du couple, et l’assurance de répondre aux besoins éventuels de la femme enceinte tout au long de la grossesse.

Le 4e mois est donc le moment idéal pour s’inscrire à une préparation à la naissance. Celle-ci est généralement dispensée par des sages-femmes selon une suite de cours répartis dans les semaines suivantes. Ils apprennent l’adaptation respiratoire aux différentes phases de l’accouchement et la relaxation périnéale et générale, toutes deux facilitatrices. C’est aussi un « lieu de parole » où tout est abordé : les analgésies, péridurale et autres, l’épisiotomie, l’allaitement, la contraception ultérieure par exemple. Ces « cours » de préparation à l’accouchement pourront donc commencer dès le 4e mois… ou bien un peu plus tard.

LES DEMARCHES ADMINISTRATIVES

La grossesse étant bien établie, elle doit avoir été déclarée à la caisse de Sécurité sociale (qui accorde le congé de maternité, rembourse les soins) et aux allocations familiales qui versent différentes prestations. Si vous ne l’avez pas fait, il faut le faire avant la fin de la 15e SA, voire après si pour différentes raisons la grossesse n’a pu être déclarée. Envoyez à la caisse maladie le volet N°3 du feuillet d’examen prénatal signé par votre médecin et accompagné de vos trois derniers bulletins de salaire. Envoyez en même temps les volets N° 1 et 2 à votre caisse d’allocations familiales qui ouvrent les droits à la prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE) soumise à des conditions de ressource. Vous recevrez en retour le guide de surveillance de la grossesse qui indique le calendrier des différents examens et donne des conseils pour mener à bien votre grossesse. Le père recevra le livret de paternité qui donne des informations juridiques concernant les droits et les devoirs des parents sur la filiation, l’exercice de l’autorité parentale, les prestations familiales, les congés parentaux, les droits et les devoirs de l’enfant.
Demandez aussi à la caisse d’allocations familiale la carte nationale de priorité qui vous assure une priorité aux bureaux et guichets des administrations publiques et dans les transports en commun.
Si vous n’êtes pas mariés avec le père de l’enfant, il est souhaitable de faire, à la mairie, une reconnaissance anticipée avant la naissance. Elle établit la filiation de l’enfant vis-à-vis de son père. Cela peut être très utile en cas de malheur : séparation en cours de grossesse ou décès accidentel du père.

il est souhaitable de s’inscrire dans la maternité ou l’on compte accoucher. On s’inscrira aussi à la préparation à l’accouchement. 

 

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