Le vaginisme pourrait se définir comme une peur panique de la pénétration, conduisant la femme qui en souffre à adopter différentes stratégies pour éviter toute pénétration. Ce cas de figure représente la presque totalité des vaginismes ; il existe une autre catégorie rare où seule la pénétration du pénis est impossible, s'intégrant plutôt dans un terrain d'immaturité affective. Le vaginisme secondaire, qui est arrivé après une période de rapports, est à mettre à part, le plus souvent consécutif à une longue période de douleurs lors des rapports (dyspareunie). Dans le vaginisme primaire "phobique", la peur de la douleur est au premier plan chez ces femmes qui souffrent très souvent d'un manque d'information quant à leur propre sexe et sa représentation, l'idée d'un vagin beaucoup trop petit pour accueillir le pénis de l'homme est quasi-constante. Ceci active une angoisse, voire une panique, vis-à-vis de la douleur et de la déchirure imaginées par ces femmes. Les conduites d'évitement sont assez classiques, la vaginique recherche l'intimité sexuelle mais panique à l'idée de la pénétration, ainsi elle retirera la main de son compagnon qui caresse son sexe de peur qu'il n'essaie subrepticement d'introduire un doigt dans son vagin, gardera les genoux serrés lors des ébats, parfois se laissera convaincre, mais la contraction forte des muscles de son périnée rendra infructueuse et douloureuse toute tentative de pénétration. L'examen gynécologique reste difficile, la pose d'un spéculum quasi impossible. Bien entendu, la vaginique n'utilise pas les tampons périodiques, impossibles à introduire. Le compagnon n'est parfois pas choisi au hasard, préférant un compagnon doux et compréhensif. La souffrance de ces femmes est grande, souffrant souvent d'un manque de compassion face à ce qui semble naturel aux autres ; "faites un effort" ont-elles souvent entendu. A l'origine de la consultation, on retrouve le plus souvent une crise dans le couple, face à l'absence de progrès la patiente craint pour l'avenir de celui-ci, parfois c'est le désir d'enfant qui la motive. La fréquence dans la population générale est estimée à environ 1% des femmes en âge de procréer, mais représente de 6 à 15% des consultantes en sexologie. L'origine de ce vaginisme "phobique" n'est pas univoque, chaque femme a son histoire, néanmoins il ressort souvent qu'entre l'enfance et l'adolescence existe une phase de découverte de son propre corps, particulièrement le sexe, tant il paraît mystérieux et émotionnellement fort et que cette étape a manqué dans la maturation de cette jeune fille. Cela peut être consécutif à des interdits moraux et ou religieux très forts ; parfois un fait anodin passé inaperçu, plus rarement un traumatisme. La proportion que cela prend alors dans l'esprit de la jeune fille bloque toute velléité de découverte. Une jeune patiente confiait un jour qu'adolescente elle avait introduit un petit crayon dans son vagin pour explorer son corps, malheureusement le petit crayon lui avait échappé des doigts et avait disparu dans son vagin ! Panique alors, qu'allait-elle raconter à sa mère ? Heureusement le petit crayon était réapparu après quelques poussées, mais quelle frayeur rétrospective ! Cela marqua la fin de ses expériences. Que dire des grandes sœurs qui racontent la nuit de noce à la petite sœur, avec force détails horrifiques ! La prise en charge est maintenant assez bien codifiée, cela passe par l'écoute des vaginiques qui doivent pouvoir exprimer leurs angoisses, par un dialogue afin de retirer les idées fausses qu'elles peuvent avoir, par une éducation sexuelle et anatomique et surtout par un travail sur le corps avec prise de conscience de leur périnée et de leur vagin, utilisation de dilatateurs vaginaux. Il faut savoir que le vaginisme est un symptôme sexuel qui se guérit bien, les femmes ne doivent plus hésiter à consulter.

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