Les pertes blanches ou leucorrhées sont des pertes non sanglantes provenant de l’appareil génital. Elles motivent de nombreuses consultations car il faut essayer de comprendre s’il s’agit de pertes normales, dites physiologiques, ou de pertes anormales liées à une infection et nécessitant un traitement.

Les pertes physiologiques :

Il existe à l’état normal des sécrétions liées à la muqueuse vaginale et à la glaire sécrétée par le col utérin. Ces sécrétions sont sous l’influence des hormones. Elles apparaissent à la puberté et disparaissent à la ménopause. Elle se modifient au cours du cycle, augmentant en particulier avant l’ovulation, car à ce moment-là le col s’ouvre et secrète de la glaire destinée à recevoir les spermatozoïdes et à leur permettre de franchir le col pour aller rencontrer l’ovule dans le tiers externe de la trompe.
Au milieu du cycle, la glaire est comme du blanc d’œuf et peut être abondante (Fig. 25)

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Fig. 25 : aspect du col et de la glaire cervicale au 14e jour du cycle

Après l’ovulation, le col se referme et la glaire se modifie perdant son aspect filant.
Ces sécrétions normales ne s’accompagnent ni de brûlures, ni de démangeaison, ni de mauvaises odeurs. Elle peuvent surprendre une jeune femme qui a arrêté sa pilule, car, pendant la prise de la pilule qui contient de la progestérone, la glaire cervicale n’a pas cette abondance et cette filance. Elle est comme celle de la deuxième moitié du cycle. Après la ménopause, ou en cas de blocage du fonctionnement ovarien par certains médicaments, ces sécrétions diminuent et peuvent rendre les rapports difficiles, douloureux par manque de lubrification.


Les infections


Il faut bien comprendre que le vagin contient normalement de très nombreux microbes qui forment un éco-système équilibré. Ces microbes sont les mêmes que ceux que l’on trouve dans la bouche ou l’intestin. On parle de flore vaginale normale contenant des colibacilles, des streptocoques, des staphylocoques, des bacilles de Doderlein, même du candida albicans.
Cette flore peut se modifier du fait :

➢ D’une modification hormonale comme la grossesse, d’un traitement hormonal, d’un traitement antibiotique, d’une chimiothérapie ;
➢ De l’apport d’un microbe pathogène qui ne devrait pas être dans le vagin mais que le partenaire transmet. Il s’agit de maladies sexuellement transmissibles dues au gonocoque (la gonococcie ou chaude pisse) au chlamydia, à un parasite comme le trichomonas vaginalis.

Dans ces cas, les sécrétions se modifient, sentent mauvais, entraînent une irritation, des brûlures, des démangeaisons de la vulve, du vagin. Les rapports deviennent douloureux. La gonorrhée entraîne des pertes jaunâtres comme du pus. Il y a souvent des brûlures à la miction. On peut aussi avoir une irritation de la gorge s’il y a eu des rapports orogénitaux (fellation). Le partenaire a souvent un écoulement jaunâtre au niveau de la verge, des brûlures à la miction (chaude pisse).
Le chlamydia peut donner des signes un peu identiques : leucorrhées purulentes, écoulement chez le partenaire.
Le trichomonas donne des pertes verdâtres spumeuses sentant le plâtre frais. Il s’agit d’un parasite sexuellement transmissible qui donne peu de troubles au partenaire.
Dans tous ces cas, et si on craint une maladie sexuellement transmissible, il faut consulter un médecin car il faut traiter rapidement ces infections de peur qu’elles évoluent et s’étendent à l’utérus, aux trompes (salpingites), au péritoine donnant une péritonite.
Dans tous ces cas, il faut consulter le médecin. Il fera faire des prélèvements au laboratoire pour identifier l’agent en cause (bactéries, champignon, parasite) et adapter le traitement. Il faudra aussi examiner si possible votre (vos) partenaire(s) et le(s) traiter car sinon, à la fin du traitement, les troubles recommenceront.
Il faudra aussi rechercher, par une prise de sang, des infections qui peuvent avoir été transmises en même temps et ne donnent pas de pertes blanches. Il s’agit de la syphilis, des virus du SIDA (HIV), de l’hépatite B, si vous n’avez pas été vaccinée.
Pour éviter toutes ces maladies sexuellement transmissibles, il faut utiliser les préservatifs pour les rapports avec un partenaire inconnu. Si le couple se stabilise et reste fidèle l’un à l’autre, l’usage du préservatif pourra être supprimé après avoir vérifié les sérologies de l’hépatite B (si on n’est pas vacciné) et du SIDA.


Les mycoses


Elles sont très fréquentes car le champignon qui en est la cause (candida albicans) est un hôte habituel du vagin. Il peut proliférer parce que l’acidité du vagin se modifie sous l’influence des hormones. Par exemple, pendant la grossesse, les hormones fabriquées en grande quantité par le placenta favorisent la prolifération du candida.

Est-ce qu’une mycose peut retarder les règles ?
Non, une mycose est due à la prolifération d’un champignon qui se trouve dans le vagin. Cela ne perturbe pas les règles. Il faut voir le médecin pour rechercher la cause de ces perturbations.

Dans les mycoses génitales, la vulve est en général irritée, rouge, démange. Il en est de même pour le vagin. Les pertes sont blanches, abondantes comme du yaourt. Parfois on sent des brûlures pour uriner. Les rapports sont douloureux. Il faut rechercher une autre localisation dans la bouche, sous les seins, les ongles, chez votre compagnon.
S’il n’y a qu’une mycose vaginale, il faudra :


➢ Faire la toilette avec un savon alcalin type savon de Marseille ;
➢ Mettre une crème sur la vulve et le vagin ;
➢ Traiter le partenaire si besoin ;
➢ Mettre des sous-vêtements en coton ;
➢ Attendre que les brûlures et démangeaisons soient passées pour reprendre les rapports.


J’ai des mycoses à répétition, pourquoi ? La répétition des mycoses est fréquente. Il faut regarder si vous n’en avez pas dans la bouche, sous les seins, les ongles ou si vous n’avez pas une maladie comme le diabète. Il faut aussi voir si votre compagnon n’en a pas. Si votre médecin trouve ces localisations ou une maladie qui favorise les recidives, il vous donnera un traitement adapté.

Combien de temps dure une mycose ?
Si elle n’est pas traitée, la mycose peut durer très longtemps ! Avec un traitement approprié, les troubles régressent rapidement et au bout de huit jours vous êtes guérie.

Les vaginoses
Il s’agit aussi de la prolifération d’un microbe qui est normalement dans le vagin : gardnerella vaginalis. Les pertes sont abondantes, fluides, grisâtres, bulleuses et sentent mauvais (malodeur vaginale de poisson). Cela est du à un déséquilibre de la flore normale du vagin.
Il faut un traitement par des ovules de métronidazole. Il n’y a pas de risque pour le partenaire.

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