L’ herpès génital

Il est dû à un virus (l’herpès virus ou HSV) qui peut donner des lésions (vésicules) sur la lèvre, près de la bouche, mais aussi sur la vulve. La contamination peut être sexuelle mais aussi indirecte par les doigts ayant été en contact avec une autre partie du corps infectée (bouton de fièvre). La personne qui est contagieuse n'a aucun signe lui faisant penser qu'elle a une poussée d'herpès.
C’est une affection très fréquente : 30% des femmes ou des hommes en ont. Lors de la première infection (entre 20 et 30 ans) il apparaît des brûlures, de petites cloques, des plaies douloureuses, avec parfois de la fièvre et des ganglions dans l’aine. C’est une affection bénigne (sauf chez les personnes immunodéprimées). Les lésions vulvaires guérissent spontanément, comme celles de la bouche, en une quinzaine de jours. Le problème principal sont les récidives, qui sont fréquentes (plusieurs fois par an) favorisées par les règles, le stress, une fièvre, les rapports sexuels. Le virus peut ressortir à n'importe quel endroit dans la zone génitale : fesses, vulve, vagin. La durée de l’évolution de ces récurrences est plus courte de 2 à 5 jours. Mais leur répétition entraîne un retentissement sur le psychisme avec un sentiment de honte, de l’anxiété, voire de la dépression. La répétition peut altérer la vie du couple. Si le partenaire n’a jamais eu d’herpès, le risque d’acquisition est de 10 % par an et est réduit par l’utilisation du préservatif et des antiviraux .
Le traitement de la primo infection nécessite la prescription d’un antiviral en comprimés pendant 10 jours. Les pommades appliquées localement sont sans intérêt. Les récidives peuvent aussi être traitées par un antiviral pris en comprimés pendant 5 jours. Malheureusement, ces traitements sont peu efficaces et n’empêchent pas le nombre des récidives et ne diminuent pas les signes cliniques. De nombreux traitements non médicamenteux ont été proposés, à base de plantes, de compléments alimentaires ou d'huiles dites essentielles. Aucun n'a démontré de manière scientifique une quelconque efficacité.
Lors d’éruptions, les rapports protégés, voire une abstinence (si les lésions ne sont pas couvertes par le préservatif) sont conseillés. Dans un couple dont une personne est infectée et l'autre saine il convient d'utiliser un préservatif pour tous les rapports, car il est impossible de prévoir quand la personne infectée est contagieuse. Malgré de nombreuses recherches, il n’y a toujours pas encore de vaccin diponible.

 

Les condylomes ou crêtes de coq

Les condylomes sont des verrues qui apparaissent sur la vulve ou l’anus et sur la verge chez le garçon. Il s’agit aussi d’une infection virale due au virus Human papilloma virus (HPV) dont il existe 120 sortes ! C’est une infection sexuellement transmissible très fréquente, surtout si on a des rapports sexuels très jeune et de nombreux partenaires. La transmission non sexuelle est possible à partir d’une verrue digitale, des linges communs.
Les lésions sont de petites verrues mesurant de 0,2 à 1 cm. Elles sont indolores. Leur nombre varie de quelques lésions à plusieurs dizaines. Elles peuvent être très volumineuses chez les sujets immunodéprimés. Ces lésions peuvent disparaître spontanément ou persister. Elles sont toujours bénignes. Le seul problème vient du fait que dans la même famille des virus HPV certains sont à l’origine du cancer du col de l’utérus mais aussi de la vulve ou du vagin. Il faut donc, si on a des verrues génitales, bien examiner la vulve, le vagin et le col utérin et faire un frottis de dépistage des lésions précancéreuses du col de l’utérus.
Il faut aussi examiner le partenaire car s’il a lui aussi des verrues génitales il faudra le traiter pour éviter les récidives.
Le traitement peut être fait par application de pommades ou destruction des verrues avec de l’azote liquide, le laser ou le bistouri électrique. Cela se fait bien sûr sous anesthésie en hôpital de jour. Le préservatif protège mal contre les condylomes car la contamination se fait peau à peau.
Un vaccin est actuellement disponible ; il protège contre les verrues génitales (HPV 6 et 11) mais aussi contre le cancer du col de l’utérus dû aux virus HPV 16 et 18. Ce vaccin, qui nécessite 3 piqûres à un mois d’intervalle, doit être fait vers l’âge de 12 ans, avant les premiers rapports sexuels ou jusqu’à 21 ans si la jeune fille n’a pas eu de rapports. Il est sans danger et son efficacité est voisine de 100%. Il protège donc contre les verrues et le cancer du col.
La syphilis
La syphilis est une maladie sexuellement transmissible due au tréponème pâle. Après une période de forte diminution de fréquence due à l’utilisation de la pénicilline, cette maladie est de nouveau en augmentation du fait du non respect des mesures de protection comme le préservatif.
La contamination se fait lors d’un rapport sexuel. Le tréponème entre dans l’organisme et 3 semaines après apparaît un petit bouton rose, indolore, suintant. Cette lésion peut être située sur la vulve et est accompagnée d’un ganglion au pli de l’aine. La lésion peut aussi être située sur l’anus, mais aussi sur la lèvre bucccale, si on a eu des rapports oraux génitaux ou anaux. Si on ne consulte pas le médecin, cette lésion va guérir spontanément mais le microbe continuera à vivre dans l’organisme. Des boutons apparaîtront 45 jours après sur toute la peau du corps (roséole), puis une chute des cheveux. Enfin, si le diagnostic n’a pas été fait, il pourra apparaître des complications nerveuses.
Le diagnostic repose sur la recherche du tréponème sur la lésion suitante du début par une prise de sang.
Le traitement est très efficace. Il utilise la pénicilline.

 

Le SIDA


Cette affection sexuellement transmissible est due au virus VIH. Le nombre de personnes vivant avec le VIH n’a jamais été aussi important, principalement en raison d’un meilleur accès aux traitements. Fin 2010, on estimait à 34 millions [31,6-35,2 millions] le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le monde, soit une hausse de 17 % par rapport à 2001. Cela reflète un nombre important et continu de nouvelles infections au VIH et une expansion significative de l’accès au traitement antirétroviral, qui a contribué à réduire les décès liés au SIDA, notamment au cours des dernières années.
Comment se manifeste la maladie ?
Deux à six semaines après le rapport contaminant il apparaît une fièvre, mal à la gorge, des taches rouges sur le visage, le tronc, des douleurs dans les articulations, des ganglions. L’association à l’éruption cutanée, d’érosions muqueuses dans la bouche, mais aussi parfois la vulve ou l’anus, doit faire penser au SIDA et faire pratiquer une prise de sang pour rechercher le virus ou les anticorps.
Le traitement ne permet pas actuellement la guérison. Les médicaments antirétroviraux empêchent simplement le virus de se développer et les complications graves d’apparaître.
Il n’y a pas actuellement de vaccin contre le SIDA. La prévention est d’utiliser les préservatifs masculins ou féminins pour tous les rapports avec pénétration (qu'elle soit vaginale, anale ou bucale), avec une personne dont on ignore la sérologie et bien sûr si elle est positive. Le préservatif masculin est en général déjà lubrifié mais, pour plus de confort, on peut utiliser en complément un gel lubrifiant à base d’eau vendu en pharmacies, grandes surfaces… En cas de pénétration anale, l’application d’un lubrifiant est indispensable afin de diminuer les risques de rupture du préservatif. Par contre il ne faut pas utiliser de lubrifiants gras type vaseline, crème hydratante, etc., car ils altèrent le latex, le rendent poreux et risquent de le rendre inefficace. Il ne faut pas utiliser un préservatif féminin et masculin à la fois car ils risqueraient de ne pas tenir en place et le frottement risquerait de les endommager.

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Fig. : Etat de l’épidémie de SIDA

Si on a pris un risque, cela peut mettre jusqu’à 6 semaines pour que la contamination soit détectable dans le sang. Une personne contaminée qui ferait le test trop tôt risquerait d’avoir un résultat négatif (qui signifie qu’on n’a pas retrouvé la présence du VIH) tout en étant porteuse du virus. Dans ce cas, elle ne pourrait pas être soignée et risquerait de contaminer d’autres personnes sans le savoir. Si vous avez pris un risque il y a moins de 48 heures, 24 heures sur 24, les services d’urgences des hôpitaux peuvent vous accueillir pour évaluer ce risque. En journée, certains services spécialisés peuvent également vous prendre en charge. Faites vraiment vite après la prise de risque.
Dans certains cas, un traitement peut vous être proposé pour limiter le risque de contamination par le VIH. Ce traitement, appelé traitement post-exposition permet de diminuer le risque de contamination effective lorsqu’on a été exposé au VIH. Il se compose de plusieurs médicaments actifs contre le VIH et il doit être pris pendant 4 semaines. Pour que son efficacité soit la meilleure possible, il faut le débuter immédiatement et respecter attentivement les prescriptions du médecin.

Si aucun traitement n’est proposé, le médecin vous dira s’il est utile de faire un test, à quel moment, et quelle prévention adopter.

Dans le cas où vous allez aux urgences, n’hésitez pas à prévenir le service des urgences de votre arrivée, en expliquant bien que vous venez parce que vous craignez d’avoir pris un risque de contamination par le virus du SIDA. Vous n’en serez que mieux accueilli. De préférence, faites vous accompagner de votre partenaire pour faciliter l’évaluation du risque pris.

Pour savoir où vous rendre, vous pouvez téléphoner à SIS au 0 800 840 800 pour avoir l’adresse du service compétent le plus près de chez vous.

Que faire en cas de maladie sexuellement transmissible ?

Il faut d’abord consulter rapidement un médecin. Il ne faut pas avoir honte. Tout le monde a des rapports sexuels et les affections sexuellement transmissibles ne sont pas plus “honteuses “ que les autres maladies infectieuses contagieuses.
Le médecin fera faire des prélèvements au laboratoire pour identifier l’agent infectieux en cause (bactéries, virus) et adapter le traitement. Il faudra aussi examiner si possible votre (vos) partenaire(s) et le(s) traiter car sinon, à la fin du traitement, les troubles recommenceront.
Il faudra aussi rechercher par une prise de sang des infections qui peuvent avoir été transmises en même temps et ne donnent pas de pertes. Il s’agit de la syphilis, des virus du SIDA (HIV), de l’hépatite B, si vous n’avez pas été vaccinée.
Pour éviter toutes ces maladies sexuellement transmissibles, il faut utiliser les préservatifs pour les rapports avec un partenaire inconnu. Si le couple se stabilise et reste fidèle l’un à l’autre l’usage du préservatif pourra être supprimé après avoir vérifié les sérologies de l’hépatite B (si on n’est pas vacciné) et du SIDA.
Illustration : affiche ancienne de prévention des IST!!

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Homme

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