Le cancer du sein

Dans les pays développés, le cancer du sein est de loin le plus fréquent chez la femme. Il provoque tous les ans la mort de plus de 8 millions de femmes. En France, 55 000 femmes sont touchées tous les ans et 11 000 décèdent. Après 35 ans, une femme sur six aura un cancer du sein.
Le cancer du sein a une fréquence qui augmente avec :


➢ L’âge (très rare avant 30 ans, il est fréquent après la ménopause) ;
➢ L’absence d’enfants avant 30 ans ;
➢ L’obésité ;
➢ Une alimentation riche en graisses saturées, en produit laitiers (beurre, fromage), en viandes ;
➢ Une prédisposition familiale : certaines femmes pouvant être porteuses d’une prédispostion familiale (gênes BCRA1 sur le chromosme 17 et BCRA2 sur le chromosome 13). C’est heureusement rare (moins de 10% des cancers).

Le risque d’avoir un cancer du sein est plus faible si :


➢ On a eu des enfants jeunes ;
➢ On les a allaités (risque diminué de 5% par période d’un an) ;
➢ On a un régime alimentaire riche en légumes, en graisses insaturées (huile d’olive) et en poissons.


Le rôle de la prise des pilules contraceptives hormonales a été débattu. Il est certain qu’il n’augmente pas fortement le risque ; la question est celle d’une augmentation faible du risque. Les publications les plus récentes ne montrent pas d’augmentation du risque, mais il faut rester vigilant car la composition des pilules change et entre l’âge de la prise (15 – 35 ans) et l’âge du cancer (65 ans) il y a un long délai. Des études sont donc en permanence nécessaires pour surveiller ce problème.
Le traitement hormonal de la ménopause a été incriminé. Il fait passer le rique de 1 (risque de tout le monde) à 1,2 si la femme a pris un traitement hormonal pendant plus de 5 ans. Ce risque augmente avec la durée du traitement. Il revient à la normale après arrêt du traitement. La baisse de la prescription des traitements hormaux après les études américaines de 2002 a fait baisser la fréquence des cancers du sein de 7% dans les pays où ces traitements étaient largement prescrits.
Ces faits soulignent le rôle des hormones dans la genèse des cancers du sein, mais comme on le verra aussi dans leur traitement, car le cancer du sein est un cancer hormono sensible.

Comment se développe le cancer du sein ?

A la différence du cancer du col de l’utérus, la cause du cancer du sein n’est pas connue. La maladie commence par des anomalies cellulaires qui apparaissent dans les canaux du sein (75%) ou dans les lobules qui fabriquent le lait (15%). Tant que la prolifération cellulaire est contenue dans les canaux ou les lobules, on parle de cancer in situ canalaire ou lobulaire. Cela signifie que la maladie reste cantonnée à l’intérieur des canaux et lobules et qu’il n’y a pas de greffes du cancer à distance (métastases). Un traitement local chirurgical et ou radiothérapique sera suffisant.
Dès que les cellules cancéreuses envahissent les tissus voisins et sortent de l’intérieur des canaux ou des lobules, on dit que le cancer est invasif. Cela veut dire que les cellules cancéreuses vont pouvoir se déplacer dans l’organisme et envahir les ganglions du sein situés sous le bras, mais aussi passer dans la circulation sanguine pour éventuellement donner des lesions, à distance du sein, dans les poumons, le foie, les os, le cerveau. Ce sont ces lésions à distance ou métastases qui sont graves et peuvent entraîner le décès. Les cancers se développent à une vitesse variable que l’on étudie par le temps de doublement des cellules cancéreuses, c’est-à-dire le temps qu’il faut pour passer de 2 à 4 cellules cancéreuses puis de 4 à 8, 8 à 16, etc.. Il faut en moyenne 10 ans pour que l’on observe un cancer de 1 cm de diamètre. On voit donc que lorsque l’on trouve un cancer invasif de 1 cm il y a 10 ans que le processus cancéreux a commencé, et que beaucoup de cellules ont pu se déplacer dans l’organisme. Le cancer n’est donc plus uniquement une maladie locale, que l’on pourra traiter uniquement par la chirurgie, mais une maladie générale pour laquelle il faudra ajouter un traitement général (chimio ou hormonothérapie, immunothérapie…) après ablation de la tumeur. Le risque d’avoir des lésions à distance est fonction de la taille tumorale (plus la tumeur est grosse, plus il est grand), de l’agressivité du cancer (il y a des cancers qui poussent plus vite les uns que les autres. Le temps de doublement est plus rapide).
On voit donc que plus on trouve le cancer tôt, plus on aura de chances de le guérir, mais que le processus s’étalant sur plusieurs années, lorsqu’on découvre le cancer, il n’y a pas “d’urgence “ au sens habituel du terme et on a le temps de faire un bilan et de s’organiser pour le traitement.

Le dépistage

Nous venons de le voir, plus le cancer est petit, mieux cela est pour le traiter. D’où l’idée de faire un dépistage comme pour d’autres cancers (cancer du col de l’utérus, cancer de l’intestin, de la peau), puisque ce cancer est fréquent et tue beaucoup de femmes. Ce dépistage peut être fait par :


➢ La patiente elle-même, qui examine ses seins une fois par mois après les règles (les seins sont plus souples et plus facile à examiner). Elle recherche une tuméfaction, une déformation du sein, un écoulement en pressant le mamelon, un ganglion sous le bras. Cet auto-examen malheureusement, s’il permet de traiter des lésions plus précocément, n’a pas permis de faire baisser la mortalité.
➢ Un personnel médical (médecin, infirmière, sage-femme). Là encore, cela permet de traiter des lésions plus précocément mais ne permet pas de faire baisser la mortalité.
➢ Une radio du sein ou mammographie (Fig. 31-32) qui permet de dépister une lésion cancéreuse avant qu’elle ne soit palpable, c’est-à-dire plus petite que 1 cm. C’est cette modalité qui a été choisie dans beaucoup de pays d’Europe ou d’Amérique du Nord. Il est proposé après 50 ans et jusqu’à 74 ans de faire tous les deux ans une mammographie de face et de profil de chaque sein chez un radiologue agréé. Cette radio sera relue par un groupe de radiologues pour éviter les erreurs (faux négatifs : la lésion n’a pas été vue par le premier radiologue) faux positif (le premier radiologue pense à tort qu’il y a une anomalie). Si la radio relue est normale on reconvoquera la femme deux ans après.

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➢ Fig. 31 - Réalisation d’une mammographie
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➢ Fig. 32 - Aspect d’un cancer sur une mammographie

➢ Si la radiographie est anormale ou douteuse, il faudra faire des examens complémentaires (échographie, biopsie) pour faire le diagnostic exact. En effet, ce n’est que le prélèvement d’un morceau de tissu suspect qui permet par son analyse de dire s’il y a ou non un cancer. La radio n’est qu’une image et pas la preuve du cancer.
➢ L’objectif de dépistage est de faire baisser la mortalité de 20 à 30%. Cet objectif ne peut être atteint que si le dépistage mammographique est bien organisé (appareils de radio de qualité contrôlés, radiologues formés, double lecture), porte sur plus de 70% de la population et est suivi d’un traitement bien adapté. Il a aussi des inconvénients liés aux faux positifs qui entraînent des biopsies inutiles, faux négatifs permettant l’apparition de cancers entre deux mammographies, sur diagnostic de lésions in situ qui n’auraient jamais évolué.
➢ Les publications les plus récentes font cependant apparaître une baisse de la mortalité liée à l’association du dépistage (qui permet le traitement de plus petites lésions) à une prise en charge optimale.


Comment reconnaître un cancer du sein ?
Le cancer du sein peut se voir à tous les âges de la vie, y compris pendant la grossesse. Il est cependant plus fréquent après la ménopause. Il faut donc voir son médecin si on constate l’apparition de :


➢ Une tuméfaction dure dans le sein, mal limitée, indolore ;
➢ Un pli ou une modification de la peau du sein ;
➢ Un écoulement par le mamelon surtout s’il est sanglant ;
➢ Une modification du mamelon qui rentre ou présente un eczéma ;
➢ Un ganglion sous le bras ;


Le médecin vous examinera et vous prescrira, s’il le juge nécessaire, une radiographie et/ou une échographie des seins. En fonction du résultat de ces examens, on verra s’il faut ou non faire une biopsie. Celle-ci pourra être faite par le radiologue ou le chirurgien.
L’annonce du diagnostic sera faite dans le cadre d’une consultation médicale prolongée pour que vous puissiez poser toutes les questions qui vous préoccupent. Une infirmière pourra compléter vos informations. Un soutien psychologique avec une psychologue spécialisée vous sera proposé.

Le traitement

Le traitement du cancer du sein sera proposé par un groupe de médecins spécialisés (un chirurgien, une radiothérapeute, un oncologue médical, un pathologiste qui aura analysé la tumeur). Au cours de cette réunion de concertation pluridisciplinaire, votre dossier sera étudié et un plan de traitement sera proposé. Vous pourrez discuter avec le médecin référent (en général le chirurgien) des différentes possibilités de traitements.
Le traitement des cancers du sein débutants (ce qui est le cas le plus fréquent aujourd’hui) comporte :

Une opération pour enlever :


➢ La tumeur en s’assurant que le chirurgien est bien passé au large et que les berges du fragment sont saines, c’est-à-dire sans cancer ;
➢ Les ganglions du sein. Pour les petites tumeurs de moins de 15 mm, on enlève en général simplement le premier ganglion dit “ganglion sentinelle”. Si celui-ci est négatif, on ne prélève pas d’autres ganglions pour éviter les gros bras. Si le ganglion sentinelle est positif, il faut enlever les autre ganglions ;
➢ Le sein et les ganglions si la tumeur est étendue (>3 cm) ou s’il y a plusieurs endroits du sein malade.


Une radiothérapie, c’est-à-dire une irradiation du sein :


➢ Celle-ci est obligatoire si on a gardé le sein et enlevé uniquement la tumeur. Elle diminue le taux de récidives dans le sein traité ;
➢ Elle est discutée si on a enlevé le sein ;
➢ Ce traitement nécessite de se rendre au centre de radiothérapie tous les jours pendant six semaines pour des scéances d’irradiations de quelques minutes. Ce traitement n’entraîne comme effets secondaires que des rougeurs sur le sein (comme des coups de soleil) et un peu de fatigue. Il ne fait pas tomber les cheveux.


Une chimiothérapie, traitement qui consiste à injecter par voie veineuse des médicaments qui détruisent les cellules cancéreuses. Ces médicaments font baisser aussi la production des cellules du sang (globules rouges, blancs, plaquettes, qui doivent être surveillés). Il font tomber les cheveux. Il faut se rendre à l’hôpital souvent deux fois par mois pour la perfusion, qui dure une ou deux heures, et cela pendant six mois. Les médicaments utilisés sont adaptés en fonction de la nature de la tumeur et de votre état de santé.

L’hormonothérapie

Il s’agit de donner par la bouche des médicaments anti-œstrogènes puisque nous avons vu que les œstrogènes jouent un rôle dans le développement des cancers du sein. Il s’agit de prendre un comprimé par jour pendant 3 à 5 ans pour les personnes dont la tumeur comporte des récepteurs hormonaux observés lors de l’analyse de celle-ci. S’il n’y a pas de récepteurs hormonaux, ce traitement est inutile. Ce traitement est très bien supporté. Il ne fait pas tomber les cheveux. Il peut donner des bouffées de chaleur comme à la ménopause ou des douleurs dans les articulations. Il peut aussi favoriser les phlébites chez les gens âgés.
Le plan de traitement :
Après l’intervention et l’analyse de la tumeur, (type de tumeur, recherche des récepteurs hormonaux, des gènes) et analyse des ganglions, les médecins de l’équipe qui vous prend en charge vont vous classer comme :


➢ A faible risque de récidive car la tumeur paraît peu agressive, comporte des récepteurs hormonaux, une bonne analyse génétique. Dans ce cas, il faudra, après la chirurgie, faire l’irradiation du sein et prendre des hormones pendant 5 ans ;
➢ A risque de récidive car la tumeur paraît agressive, ne comporte pas de récepteurs hormonaux, n’a pas une bonne analyse génétique. Dans ce cas, après la chirurgie, il faudra faire une chimiothérapie pendant six mois puis la radiothérapie sur le sein ;
➢ Dans les cas intermédiaires, la chimiothérapie sera discutée en fonction des différents paramètres (âge, type de tumeurs, récepteurs, génétique) nombre de ganglions. Un logiciel peut aider à évaluer les avantages attendus de ces traitements.


Cas particuliers

Si le cancer apparaît chez une femme jeune de moins de 50 ans, la chimiothérapie est en général proposée.
Dans les cancers in situ, le traitement chirurgical seul ou associé à la radiothérapie peut être suffisant si la chirurgie a pu enlever toute la lésion. Si la lésion est étendue il pourra être nécessaire de faire l’ablation du sein (mastectomie), qui peut être associée à une reconstruction faite lors de la même intervention ou secondairement.
Si la tumeur lors de sa découverte est volumineuse (> 3 cm), il est en général proposé de commencer par la chimothérapie. Si celle-ci fait diminuer notablement la tumeur et qu’elle fait moins de 3 cm, on pourra proposer un traitement conservant le sein ; sinon il faudra faire une mastectomie. Dans ce cas, la reconstruction ne pourra être proposée qu’ un an ou deux après la fin du traitement.
Le cancer du sein peut apparaître au cours d’une grossesse. Si la grossesse est à son premier trimestre lors du diagnostic du cancer, il sera proposé d’interrompre la grossesse pour faire le traitement. Si vous êtes au deuxième ou troisième trimestre, le traitement chirugical pourra être fait mais on attendra la viabilité de l’enfant pour le faire naître et faire la chimiothérapie ou la radiothérapie. Dans certains cas où l’enfant serait très prématuré, on pourra commencer une chimiothérapie adaptée pendant la grossesse.

La surveillance après traitement

La surveillance se fera avec les différents médecins de l’équipe, votre médecin traitant, votre gynécologue. Vous verrez l’un d’eux tous les trois mois pendant 3 ans puis ensuite l’un d’eux tous les ans. Une radiographie annuelle des seins est suffisante si vous ne vous plaignez de rien. Sinon, des examens complémentaires peuvent être prescrits, en fonction des signes cliniques que vous présentez.
Pour la contraception, le stérilet au cuivre est la meilleure solution.
Si vous êtes jeune et désirez un enfant, il faudra en parler avec vos médecins. Il faut attendre en général deux ou trois ans après la fin du traitement. Il est bien démontré que la survenue d’une grossesse ne modifie pas le pronostic du cancer. Si la grossesse est une surprise après la fin du traitement, il n’y a pas de raisons médicales de l’interrompre.

Cancer du col de l’utérus

Le cancer du col de l’utérus est du à un virus : Human Papilloma Virus (HPV). Ces virus sont très nombreux (200 types) ; certains donnent des lésions bénignes comme les verrues (digitales ou génitales), ce sont les virus de types 6 ou 11. D’autres peuvent induire des cancers du col mais aussi du vagin, de la vulve, du canal anal, de l’oropharynx. Pour le cancer du col de l’utérus, ce sont les HPV types 16-18, 31, 33, 45… qui sont en cause.
Toutes les personnes qui ont des rapports sexuels ont été infectées par ces virus dès le début de la vie sexuelle. Dans la majorité des cas, la personne s’immunise et le virus disparaît. Seules 10% des femmes vont conserver des virus cancérigènes (HPV oncogènes 16 et 18) dans le vagin. Ce sont elles qui sont à risque de cancer du col. Mais ce cancer n’apparaîtra que vers 40 ou 45 ans.
En effet, le virus va pénétrer dans la muqueuse du col à la jonction de la muqueuse commune au vagin et à la muqueuse qui sécrète la glaire cervicale (muqueuse glandulaire). Il va modifier l’une de ces deux muqueuses qui présentera des cellules pathologiques. Ces états qui sont précancéreux peuvent guérir tout seul ou au contraire évoluer vers le cancer, qui est d’abord in situ, s’il ne franchit pas les limites de la muqueuse, puis invasif lorsqu’il franchit la muqueuse pour envahir le muscle utérin puis les ganglions de l’utérus. Cette évolution vers le cancer invasif est accélérée par le tabac (la nicotine s’élimine par la glaire cervicale) et la baisse des défenses immunitaires comme dans le SIDA.
Il se passe 20 à 25 ans entre le début des lésions et le cancer visible à l’œil nu. On a donc tout le temps, si on examine régulièrement ces femmes, de dépister les anomalies des cellules et traiter les lésions précancéreuses du col.
Le cancer du col est en voie de disparition dans les pays riches où on le dépiste depuis plus de 50 ans et où on a maintenant un vaccin. En France, on n’en observe que 3 500 nouveaux cas par an, ce qui est peu par rapport au 55 000 cancers du sein. Il est très fréquent dans les pays pauvres : 500 000 cas par an entraînant 250 000 morts.

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Fig. 33 - Pénétration du virus HPV oncogène dans la muqueuse du col utérin et modification de la muqueuse

Prévention

Il existe actuellement un vaccin contre le cancer du col qu’il est recommandé de faire dès l’âge de 12 ans, avant les rapports sexuels, jusqu’à 21 ans, ou encore la première année des rapports sexuels (Haut conseil de la vaccination et le CNGOF). Il s’agit de trois injections à faire en moins d’un an. Le prix est de 325 € remboursés par la Sécurité sociale. Dans certains départements, la Ligue contre le Cancer prend en charge le reste pour les personnes qui n’ont pas de mutuelle.
Il existe deux types de vaccin :


➢ L’un qui protège contre les virus 6 et 11 et 16 et 18 et protège donc contre les cancers induits par les virus 16 et 18 mais aussi contre les verrues dues aux virus 6-11. (Gardasil)
➢ L’autre qui ne protège que contre les cancers dus aux virus 16-18 (Cervarix). Ces vaccins, qui n’ont qu’un recul d’une dizaine d’années, ont montré une très bonne efficacité voisine de 100% pour les états précancéreux, les cancers in situ qui précèdent les cancers invasifs. On a donc de bonnes raisons de penser qu’ils permettront d’éviter les ¾ des cancers du col. En effet, il existe d’autres virus cancérigènes que le 16 et le 18 et, pour cette raison, il faut continuer le dépistage par frottis mais sous d’autres modalités. Les taux d’anticorps étant encore très élevés, on ne sait pas s’il faudra ou non faire des rappels. Les effets secondaires connus sont très minimes et limités à un malaise lors de la piqûre ou à un peu de fièvre après.

Le frottis cervical est l’autre méthode de prévention. Elle consiste à mettre un spéculum et à faire, avec une spatule en bois ou une petite brosse, un prélèvement de cellules du col.

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Fig. 33 - Réalisation d’un frottis du col utérin

Ce prélèvement doit être fait en dehors des règles, à distance des rapports sexuels (48 h), en l’absence d’infection ou de traitement local par des ovules.
Il est ensuite envoyé au laboratoire qui enverra à votre médecin le résultat 15 jours après.
Ce résultat doit comporter une appréciation sur :


➢ La qualité du prélèvement : bon ou mauvais et dans ce cas à refaire ;
➢ La normalité ou non des cellules uniquement si le prélèvement est bien fait ;
➢ Parfois, il peut répondre que le prélèvement est douteux car il n’est pas franchement normal ni franchement pathologique.


A qui faire les frottis : à toutes les femmes qui ont des rapports sexuels et un utérus. Il faut le différer en cas d’infection ou de règles.
Il est recommandé de commencer le frottis à 25 ans, et en cas de résultat normal de recommencer l’année suivante, puis tous les 3 ans jusqu’à 65 ans.
En cas de résultat anormal, il faudra voir un gynécologue qui regardera le col avec une loupe binoculaire (un colposcope) pour localiser les anomalies du col et diriger une biopsie. C’est elle seule qui permettra de faire un diagnostic précis entre un état précancéreux et un vrai cancer invasif. On le voit ici aussi, le frottis de dépistage anormal n’est pas le diagnostic. Le frottis n’est qu’un test simple qui permet de repérer parmi des femmes en bonne santé celles qui ont peut-être une lésion pré cancéreuse du col qui ne se voit pas à l’œil nu.

Les signes cliniques

Si le cancer n’a pas été dépisté parce que la femme n’a pas été vue pour le dépistage par un médecin ou une sage-femme, le cancer peut être découvert devant les signes suivants :


➢ Des saignements minimes apparaissant entre les règles, soit spontanément, soit après des rapports sexuels ;
➢ Des écoulements aqueux plus ou moins striés de sang ;
➢ Des douleurs.
Il faut consulter un médecin qui mettra un spéculum et découvrira le cancer sur lequel il fera une biopsie.
Le diagnostic fait, un bilan avec une IRM est nécessaire pour apprécier le volume du col, l’envahissement éventuel des organes voisins (vessie, rectum) et une atteinte des ganglions de l’utérus.


Le traitement

Il sera, comme toujours en cancérologie, proposé par un groupe de médecins specialisés (un chirurgien gynécologue, un radiothérapeute, un chimiothérapeute, un pathologiste qui aura analysé la tumeur) lors d’une consultation pluridisciplinaire pendant laquelle votre cas aura été discuté.
Votre gynécologue vous présentera les différentes propositions thérapeutiques en fonction de la gravité mais aussi de votre âge et de votre désir d’enfant.
Les lésions précancéreuses de bas grade peuvent être simplement surveillées car elles régressent souvent seules en 6 mois ou un an. Il faudra revoir le gynécologue dans six mois et à 1 an. En cas de persistance, on pourra discuter de l’ablation de la lésion ou de sa destruction au laser.
Les lésions précancéreuses de haut grade doivent être traitées car elles évoluent plus souvent vers le cancer. On peut proposer, selon l’étendue de la lésion, une destruction au laser, si on voit bien l’ensemble de la lésion ou une conisation si la lésion remonte dans le col. Il s’agit alors d’une petite intervention en hospitalisation de jour sous anesthésie loco-régionale qui enlève un petit cône de col. (Fig. 34)
Il faudra vérifier par l’analyse du cône que toute la lésion a été enlevée.
Cette intervention simple permet de conserver l’utérus, les règles, les possibilités de grossesse. Un frottis annuel sera nécessaire pour vérifier l’absence de récidives.

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Fig. 34 - Conisation du col utérin

Si le cancer est invasif, plusieurs solutions sont possibles en fonction du stade de la maladie.
Quatre traitements sont utilisés :


➢ La chirurgie qui consiste à enlever l’utérus, le haut du vagin et les ganglions. Cette intervention peut se faire à ventre ouvert ou par cœlioscopie.
➢ La curiethérapie qui consiste à détruire la tumeur en mettant au contact dans le vagin des produits radioactifs (le caesium) ; une hospitalisation de quelques jours est nécessaire dans un service de radiothérapie.
➢ La radiothérapie externe qui complète la destruction de la tumeur en irradiant aussi les ganglions de l’utérus s’ils ont été atteints.
➢ La chimiothérapie : elle est utilisée en association avec la radiothérapie pour traiter les lésions volumineuses (>4 cm) qui ne peuvent être traitées par chirurgie et ou curiethérapie.


On m’a découvert une lésion précancéreuse du col utérin et j’ai démarré une grossesse avant le traitement. Faut-il interrompre la grossesse à laquelle je tiens beaucoup car elle a mis du temps à arriver ?
Non, il ne faut pas interrompre cette grossesse ; on peut attendre l’accouchement en surveillant le col à chaque trimestre et revoir le traitement après l’accouchement. Il n’y a pas lieu non plus de faire une césarienne.

Cancer du col utérin et grossesse

Si un cancer invasif est découvert au cours de la grossesse, il pourra être proposé d’interrompre la grossesse si la découverte est faite en début de grossesse, sinon on peut attendre que l’enfant soit viable (après 34 semaines) pour faire une césarienne et traiter le cancer.
Chez la femme jeune qui n’a pas eu encore d’enfant et qui a un cancer du col invasif de petite taille, on peut aussi proposer une ablation du col conservant l’utérus (trachéloraphie). Cette intervention permet de mener à bien une grossesse à condition de faire un cerclage pour fermer le col et d’arrêter précocément le travail, car le risque d’accouchement prématuré est grand.

Surveillance après le traitement

Il est recommandé de voir son gynécologue tous les ans pour un examen clinique et un frottis.
La vie normale doit reprendre y compris les rapports sexuels. Si ceux-ci sont difficiles, on pourra vous prescrire un traitement hormonal et ou un lubrifiant à appliquer pour améliorer la sécheresse vaginale.

Le cancer du corps de l’utérus

Le cancer du corps de l’utérus n’a rien avoir avec le cancer du col. C’est un cancer de la muqueuse qui tapisse la cavité utérine. Il n’est pas dû à un virus mais à un dérèglement hormonal. La prise de la pilule pendant plusieurs années en diminue la fréquence par deux. C’est un cancer qui se voit surtout après la ménopause.

Le cancer des ovaires

Le cancer des ovaires est un cancer rare (4000 cas par an), qui est souvent grave car vu à un stade avancé. En effet, les ovaires sont dans le ventre et peu accessibles. Il n’y a pas de dépistage possible même par échographie. La prise de la pilule pendant plusieurs années en diminue la fréquence par deux. Il touche en général la femme âgée après la ménopause. Mais il peut toucher les femmes jeunes, obligeant à enlever un ou deux ovaires ce qui peut compromettre les espoirs de grossesse.
Dans ce cas, il peut être proposé de conserver par congélation du tissu ovarien ou des ovocytes avant l’intervention.

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