La ménopause est une période particulière de réévaluation de votre état de santé. Il faut revoir avec votre médecin :

Les règles hygiéno-diététiques qui sont fondamentales. Il faut conseiller et insister sur :

- Une activité physique régulière (30 à 45 minutes de marche rapide par jour) ;
- L’arrêt du tabac et de l’alcool (votre médecin peut vous aider, n’hésitez pas à dire que vous n’y arrivez pas) ;
- Une bonne hygiène alimentaire ;
- Limiter la prise de café, de sucre et d’alcool ;
- Privilégier un régime équilibré et pauvre en graisse ;
- Avoir un apport suffisant en calcium et vitamine D. La quantité recommandée de calcium est 1200 à 1500 mg/j. Il faut privilégier la prise alimentaire de cette dose avec 3 produits laitiers par jour (lait au petit déjeuner, fromages, yaourt) ;
- Pour la vitamine D, une exposition au soleil de 15 à 30 mn/j peut suffire mais l’absorption cutanée diminue avec l’âge et compte tenu de la fréquence des déficits en vitamine D, il est conseillé un apport de 400UI/j ou de 100 000 UI par trimestre.


Les traitements symptomatiques non hormonaux


- Pour les bouffées de chaleur, l’effet placebo améliore les symptômes dans 50% des cas. Les préparations à base d’herbes ou de plantes, contenant essentiellement des phyto-œstrogènes, l’homéopathie peuvent être prescrits. La Haute autorité de santé a mis en garde pour ces traitements qui contiennent des œstrogènes végétaux (phytoœstrogènes), qui ne sont pas bien évalués. On ne sait donc pas s’ils sont dangereux ou pas, faute d’études.
- La vitamine E, la béta-alanine, la clonidine sont des thérapeutiques des bouffées vasomotrices. Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine peuvent également être prescrits.
- Pour la sècheresse vaginale, les hydratants et lubrifiants vaginaux sont utiles pour améliorer la sexualité. En effet, la baisse des taux d’hormones entraîne la sécheresse vaginale et des douleurs vulvaires spontanées ou lors de la pénétration et parfois une diminution de la libido, du plaisir ou de l’orgasme.
- Il faudra cependant aussi prendre en compte les problèmes psychologiques (charge des parents âgés, problèmes avec les enfants…) et sociaux (chômage, pré retraite), sans oublier le partenaire. En effet, le partenaire peut avoir des problèmes de santé, avec des difficultés d’érection, et cela peut engendrer moins de sollicitations sexuelles, parfois interprétées par la femme comme des signes de désamour. Le passé peut aussi altérer la sexualité et le présent peut être responsable de tendance dépressive. La sexualité après la ménopause est très souvent corrélée à la sexualité avant la ménopause.


Le traitement hormonal de la ménopause (THM)

- Les troubles de la préménopause.
- Les irrégularités menstruelles, les règles trop abondantes, les douleurs mammaires ou abdominales sont liées à une carence en progestérone, l’ovulation ayant disparu. Un traitement à base de progestérone peut être proposé du 15e au 25e jour après le début des règles. Ce traitement n’empêche pas la ménopause, dont on s’apercevra lorsque les règles disparaîtront.
- La ménopause confirmée. Le traitement hormonal repose sur la prescription des deux hormones qui ne sont plus sécrétées par l’ovaire : les œstrogènes et la progestérone ou ses dérivés. Ces deux hormones peuvent être absorbées par voie orale, voie percutanée (avec un patch que l’on colle sur la peau) ou par voie vaginale, exactement comme la contraception. Si la patiente a bénéficié de l’ablation de l’utérus, on peut ne pas donner la progestérone, mais si la patiente a son utérus, les deux hormones sont obligatoires pour éviter l’apparition d’un cancer du corps de l’utérus (cancer de l’endomètre). Il semble que les traitements qui se rapprochent le plus des hormones naturelles et qui sont pris par voie percutanée comportent moins de complications.

Des crèmes contenant un peu d’hormones œstrogéniques peuvent être utilisées pour améliorer la sécheresse de la vulve et du vagin. Elles sont sans danger ; peu d’hormones passant dans la circulation sanguine.
Les avantages des traitements hormonaux de la ménopause sont : leur efficacité sur les troubles comme les bouffées de chaleur, les insomnies, la sécheresse vaginale, le vieillissement de la peau. Elles ont aussi un rôle de prévention de l’ostéoporose, à condition de les prendre longtemps, ce qui n’est pas recommandé, et leur effet ne dure pas au-delà de 5 ans après l’arrêt. La prise de ces hormones diminue aussi le risque de cancer du corps de l’utérus, des ovaires et du colon.


Les inconvénients des traitements hormonaux de la ménopause sont :


- L’augmentation du risque des accidents thromboemboliques (multiplié par 2 ou 3) (phlébites, embolies pulmonaires) surtout si on a des facteurs de risque (antécédents de phlébite, obésité, faible mobilité), si on utilise des traitements par la bouche et certains progestatifs et si le traitement est pris pendant plus de 10 ans.
- L’augmentation des risques vasculaires (infarctus, accidents vasculaires cérébraux) dépend aussi des facteurs de risque, des produits utilisés et de la durée de prise du traitement si elle est supérieure à dix ans. Les traitements hormonaux n’ont pas d’effet protecteur sur les troubles cognitifs et risques de démence.
- L’augmentation du risque de cancer du sein. Il est, dans l’étude anglaise d’Oxford :

- De 2 pour 1000 femmes prenant un THM pendant 5 ans ;
- De 6 pour 1000 femmes prenant un THM pendant 10 ans ;
- Et de 12 pour 1000 femmes prenant un THM pendant 15 ans. Ce risque revient à la normale 5 ans après l’arrêt du traitement.
- Les progestatifs de synthèse seraient impliqués dans l’augmentation de ce risque et avec plus de difficulté pour le dépistage mammographique, car il augmente la densité mammaire, rendant les radiographies plus difficiles à lire. Plus récemment, dans d’autres études, il n’a pas été retrouvé d’augmentation du risque de cancer du sein en cas d’utilisation d’œstrogènes conjugués équins sans progestatifs, et en cas d'utilisation de la progestérone naturelle (étude française E3N, étude européenne EPIC). Il faut cependant insister sur le fait que le THM n’induit pas de cancer du sein, mais peut stimuler un cancer microscopique. On dit qu’il est promoteur du cancer du sein mais non inducteur et que le niveau de risque reste très faible (1,6 au lieu de 1) pour les femmes qui prennent le traitement hormonal plus de 5 ans. En comparaison, le risque d’avoir un cancer du poumon si on fume est multiplié par dix par rapport aux non fumeurs. Dans les pays où l’on prescrivait beaucoup de traitements hormonaux, on a cependant observé une baisse de 10% environ du nombre de cancers du sein depuis que l’on prescrit moins d’hormones à la ménopause et pendant des durées plus courtes.
Les ennuis gynécologiques
Sous traitement hormonal, on peut voir réapparaître des saignements ; des fibromes peuvent grossir ou une endométriose se réveiller. On peut toujours dans ce cas arrêter le traitement hormonal ou voir avec le gynécologue la meilleure solution à vous proposer.

 

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