Les pilules sont composées d'hormones de synthèse : les œstrogènes et les progestatifs.

Il existe deux types de pilules :

  • Les pilules œstroprogestatives composées de ces deux hormones
  • Les pilules progestatives composées uniquement d'un progestatif de synthèse

Mode d'action de la pilule

Pour les pilules œstroprogestatives, elles agissent à plusieurs niveaux :

  • Elles bloquent l'ovulation. Les ovocytes présents dans l'ovaire depuis la formation de l'embryon ne se développent pas.
  • Elles modifient la muqueuse utérine, la rendant plus fine, empêchant la nidation qui est la fixation de l'œuf fécondé dans cette muqueuse tapissant la paroi utérine si un ovocyte est quand même fécondé.
  • Elles modifient la glaire (sécrétion naturelle au niveau du col de l'utérus) en la rendant plus épaisse pour empêcher les spermatozoïdes de franchir le col.

Pour les pilules progestatives :

  • L'action se fait sur la modification de la muqueuse utérine et de la glaire. Le blocage de l'ovulation est fonction du progestatif utilisé.

Efficacité

L'efficacité des pilules œstroprogestatives est de plus de 99%, lorsque le premier comprimé de la première plaquette est pris au plus tard le 3e jour du cycle (1er jour du cycle = 1er jour des règles). La protection démarre immédiatement.

Pour la pilule progestative, elle est commencée le 1er jour des règles. Elle doit être prise à heure fixe de façon encore plus précise que pour les précédentes.

Nombre de comprimés par plaquette

Un grand nombre de pilules œstroprogestatives fonctionnent de la manière suivante :
 un comprimé par jour (à heure fixe) pendant 21 jours puis 7 jours sans pilule.

Il existe aussi des pilules œstroprogestatives comprenant 28 comprimés.
 En fait, elles possèdent un certain nombre de comprimés dits "actifs" qui sont faits d'hormones et de quelques comprimés dits "inactifs" qui ne contiennent aucune hormone. 
Ainsi on trouve des pilules avec 21 comprimés actifs et 7 comprimés placebos, d'autres avec 24 comprimés actifs et 4 placebos et encore d'autres pilules avec 26 comprimés actifs et 2 placebos.
 Ces pilules, dites "en continu", sont aussi efficaces que les autres. 
Leur prise étant quotidienne, elles permettent pour certaines femmes de ne pas oublier de démarrer une nouvelle plaquette après 7 jours d'arrêt.

Pour les pilules progestatives, elles contiennent toutes 28 comprimés actifs et se prennent donc toujours en continu.

Reprise de la pilule après un arrêt ou prise pour la première fois

Si vous n'avez jamais pris la pilule ou si vous l'avez interrompue pendant plusieurs mois :
 commencer le 1er comprimé de la première plaquette le 1er jour de vos règles,
 puis tous les jours – au même moment de la journée – prendre régulièrement les autres comprimés.
 Pour les pilules à 21 comprimés, faire 7 jours d'arrêt après le dernier comprimé.
 Les règles surviendront – en moyenne – 2 à 3 jours après le dernier comprimé.
 Que les règles soient terminées ou non, il faut redémarrer une nouvelle plaquette au 8e jour. 
Ainsi, le premier jour de la plaquette sera toujours le même.
 Si ce n'est pas le cas, vous vous êtes trompées à un moment donné, il y a un risque de grossesse ; il est donc conseillé de consulter rapidement.

Pour les pilules à 28 comprimés, il faut agir de même.
 La seule différence est qu'il n'y a jamais d'arrêt entre deux plaquettes.
 Les règles surviennent en général dans les derniers jours de la plaquette.
 Si elles se décalent, il faut quand même enchaîner la plaquette suivante.

On est protégé pendant les 7 jours d'arrêt de la pilule. 
Si une pilule est bien prise à heure régulière, la femme sera protégée si elle a des relations sans préservatifs dans la semaine sans comprimé.

Le QUICK START.
 Il s'agit d'une conduite à tenir pour débuter sa pilule n'importe quand. 
On peut ainsi démarrer le 1er comprimé de sa première plaquette un autre jour que celui des règles.
 Il faut tout d'abord être sûre de ne pas être déjà enceinte et donc réaliser un test au moindre doute. 
Enfin, il faudra prendre des précautions supplémentaires (pas de rapport ou préservatifs systématiques) pendant les 7 premiers jours de la pilule.
 Cette méthode peut d'ailleurs s'appliquer aux autres méthodes de contraception.

La pilule doit être prise à la même heure.


Globalement, le comprimé a un effet pendant 24 heures. Si on dépasse les 24h, les ovaires vont reprendre une activité, une ovulation peut se produire et une grossesse peut survenir.

Décalage autorisé dans la prise régulière de la pilule


Pour toutes les pilules (sauf une), le décalage maximum autorisé est de 12 heures.
 Seule la pilule progestative au lévonorgestrel a un décalage autorisé moins important, puisqu'il est seulement de 3 heures.

Il ne faut pas oublier.

C'est
 la difficulté majeure de cette méthode de contraception. Il faut donc trouver un moment de la journée où l'on pourra toujours penser à prendre sa pilule.
Voici quelques propositions :
 trouver un moment où l'on a un geste quotidien comme le brossage des dents par exemple,
 utiliser un réveil ou même son téléphone portable,
 bien réfléchir à ses horaires d'activités sur la semaine, s'ils changent avec le week-end. 
Ainsi, rien n'empêche de prendre régulièrement sa pilule vers midi si les horaires de travail changent chaque semaine.
 Par contre une fois qu'un horaire aura été choisi, il faudra respecter cet horaire de prise.



Conseils en cas d'oubli

Le décalage autorisé est de 12 heures par rapport à l'heure habituelle de prise du comprimé pour toutes les pilules sauf pour la pilule au lévonorgestrel (3 heures).

 Si l'oubli est de moins de 12 heures (ou de 3 pour l'autre pilule), il suffit juste de prendre le comprimé et de poursuivre le reste de la plaquette comme d'habitude.

 Si l'oubli est de plus de 12 heures (ou 3 idem), voici différents schémas de conduite à tenir en fonction des différentes pilules (21 comprimés et 7 jours d'arrêt, pilules avec placebos...).
 À vous de choisir le schéma qui convient à votre pilule.

Pour les pilules œstroprogestatives à 21 comprimés et 7 jours d'arrêt :


  • Prendre le comprimé oublié.
  • Continuer le reste de la plaquette comme d'habitude.
 Si cela vous fait deux comprimés à prendre ce jour-là, ce n'est pas grave.
  • Prendre la pilule du lendemain si vous avez eu des rapports sexuels non ou mal protégés dans les 5 jours précédant l'oubli.
  • Prendre des précautions supplémentaires (préservatifs) dans les 7 jours suivant l'oubli.

  • Enchaîner – en plus – directement la plaquette suivante si l'oubli a lieu dans les 7 derniers comprimés.
 Cet enchaînement peut faire que vous n'aurez pas vos règles. Ce n'est pas grave.

Pour les pilules œstroprogestatives en continu comprenant 21 comprimés actifs/7 placebos, 24 comprimés actifs/4 placebos, 26 comprimés actifs /2 placebos :


  • Prendre le comprimé oublié.
  • Continuer le reste de la plaquette comme d'habitude.
 Si cela vous fait deux comprimés à prendre ce jour-là, ce n'est pas grave.

  • Prendre la pilule du lendemain si vous avez eu des rapports sexuels non ou mal protégés dans les 5 jours précédant l'oubli.

  • Prendre des précautions supplémentaires (préservatifs) dans les 7 jours suivant l'oubli.
  • Si l'oubli a lieu dans les 7 derniers comprimés actifs, jeter les comprimés placebos et enchaîner directement la plaquette suivante. 

Cet enchaînement peut faire que vous n'aurez pas vos règles. Ce n'est pas grave.
  • 
Attention, à partir de ce moment, cela vous fera changer le jour de la semaine du 1er comprimé de vos plaquettes.

Pour les pilules progestatives :


  • Le décalage est de 12 heures pour la pilule au désogestrel et de 3 heures pour la pilule au lévonorgestrel

  • Prendre le comprimé oublié.
  • Continuer le reste de la plaquette comme d'habitude. Si cela vous fait deux comprimés à prendre ce jour-là, ce n'est pas grave.
  • Prendre la pilule du lendemain si vous avez eu des rapports sexuels non ou mal protégés dans les 5 jours précédant l'oubli.
  • Prendre des précautions supplémentaires (préservatifs) dans les 7 jours suivant l'oubli (même si cela chevauche la plaquette suivante).

  • Continuer à enchaîner vos plaquettes.

Ne pas hésiter à faire un test de grossesse urinaire 15 jours après l'oubli pour être sûre.
 Ne pas faire plus tôt car le résultat peut ne pas être significatif.

Cas particulier des vomissements ou diarrhées

Si des vomissements ou de fortes diarrhées surviennent dans les 4 heures qui suivent la prise de votre pilule, il y a un risque que celle-ci ait été expulsée de votre organisme. 
Il faut donc rapidement reprendre un autre comprimé. 

Soit vous prenez le même comprimé sur une autre plaquette (elle vous servira par la suite de réserve si besoin),
 soit, si vous n'avez pas d'autre plaquette chez vous, il suffit de prendre sur la plaquette en cours le comprimé prévu pour le lendemain.
 Ainsi vous finirez votre plaquette une journée plus tôt, ET surtout il ne faudra pas oublier de commencer la plaquette suivante une journée plus tôt aussi (pour les plaquettes à 21 comprimés).
 Le 1er jour de chaque plaquette changera donc définitivement.

 Pour les pilules en continu, il faut faire de même et continuer à les enchaîner (ce qui changera aussi le 1er jour).

Possibilité de modifier la date des "règles"

On peut enchaîner deux plaquettes de pilule pour éviter l'hémorragie de privation, ce n'est pas dangereux.
 Les "règles" qui surviennent après le dernier comprimé actif de la plaquette ne sont pas de vraies règles, on appelle ce saignement une "hémorragie de privation". 
En cas de pilule de 28 comprimés avec des comprimés placebos, il faut enchaîner avec une nouvelle plaquette et ne pas prendre ces comprimés placebos.

Quelques fois, enchaîner ses plaquettes peut donner des saignements irréguliers. Ce n'est pas grave. Mais dans ce cas, il est préférable de revenir à la prise 21 jours sur 28. 
La survenue de ces saignements irréguliers est plus fréquente pour les pilules qui ont plusieurs couleurs (plusieurs dosages). 
Mais n'oublions pas que dans la grande majorité des cas, il n'y a plus de règles. Supprimer ses règles peut être un avantage pour certaines femmes (moins de gênes, disparition des douleurs de règles, évite les anémies...).

Intérêt d'avoir une pilule du lendemain chez soi

Le risque d'oubli est grand, aussi avoir chez soi une pilule du lendemain permet d'agir rapidement et de diminuer les risques d'une grossesse non souhaitée.

Bilan avant prescription d'une pilule

Un bilan lipido-glucidique sera demandé avant prescription d'une pilule en cas d'antécédents familiaux de diabète ou d'hypercholestérolémie sinon, il sera demandé après 3 mois d'utilisation de la pilule. La prescription sera alors adaptée aux résultats.

L'interrogatoire est fondamental avant la prescription d'une pilule œstroprogestative. Il faudra demander de façon précise s'il existe des antécédents familiaux de thromboses, phlébites, embolies pulmonaires, si des mutations génétiques favorisant les troubles de la coagulation sont connues. En cas de réponse positive, un bilan de thrombophilie devra être effectué avant toute prescription. La HAS (Haute Autorité de Santé) recommande de prescrire en première intention une pilule de 2e génération qui est responsable de 2 fois moins de phénomènes thrombotiques veineux que les pilules de 3e génération en sachant que ces accidents sont rares. (Le progestatif des pilules de 2e génération est le lévonorgestrel, la noréthistérone, les progestatifs des pilules de 3e génération sont le désogestrel, le gestodène, le norgestimate, la drospirénone, l'acétate de cyprotérone). Ne rentrent pas dans cette liste des pilules de 3e génération les pilules œstroprogestatives contenant un œstrogène naturel associé au diénogest et au nomégestrel acétate. Un antécédent de thrombose est une contre-indication absolue à la prescription d'une pilule œstro-progestative.

Pilules et effets secondaires

La pilule est un médicament ; aussi les effets secondaires sont toujours possibles mais ils sont rares (accentuation de l'appétit, mastodynies, spottings) Il faudra alors adapter la prescription après un temps d'observation suffisamment long laissant passer la période d'accoutumance. Concernant la prise de poids, une alimentation adaptée et la pratique du sport permet d'éviter une modification notable du poids. La pilule n'a pas d'action sur la fertilité ultérieure, il faut juste se rappeler que la fécondité diminue avec l'âge et qu'il ne faut pas remettre à trop tard le projet d'enfant. L'augmentation du risque de cancer n'a pas été prouvé actuellement avec un recul de 40 ans et des millions d'utilisatrices. Ce que l'on sait, c'est qu'il y a moins de cancer de l'ovaire et de l'utérus chez les patientes ayant utilisé la pilule. On attribue également à la pilule une possible diminution de la libido. Il faut savoir que l'interférence de facteurs psycho-sociaux rend difficile l'étude de cette relation.

À SAVOIR

  • La pilule ne protège pas des infections sexuellement transmissibles, du SIDA ; aussi l'association avec les préservatifs s'impose en cas de sexualité comportant des risques de contamination.
  • Fumer est dangereux lorsque l'on prend la pilule. 
Cela peut favoriser l'apparition de caillots de sang dans les veines et les artères et conduire à des complications graves comme la phlébite, l'embolie pulmonaire, les accidents vasculaires cérébraux ou des infarctus du myocarde.

 Le tabac majore toujours les risques, quelle que soit la pilule que l'on prenne.
 On ne prescrit pas de contraception hormonale aux femmes de plus de 35 ans qui fument car les risques deviennent trop importants.
  • Certains médicaments peuvent diminuer l'action de la pilule.
 On citera notamment :
 certains médicaments contre l'épilepsie,
 des traitements de la tuberculose, des traitements contre le VIH.

 Il faut aussi faire attention à des produits utilisés en phytothérapie comme le millepertuis.
  • Les renouvellements de contraception se font généralement pour 1 an. Depuis 2010, la loi "hôpital patients santé territoire" (HPST) de 2009 autorise les infirmiers et les pharmaciens à renouveler la prescription de certains contraceptifs hormonaux oraux lorsque la prescription date de moins d'un an et pour 6 mois maximum.
  • Les pilules de 2e génération sont remboursées. Certaines pilules de 3e génération qui étaient remboursées ont été déremboursées en septembre 2013 du fait du risque plus important de thrombose.

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